Le logiciel libre, késako?

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je suis ravi d’accueillir le collectif Emmabuntüs en tant que nouvel auteur de Miamondo. Voici donc le tout premier article signé « Emmabuntüs » accompagné d’un beau dessin de Péhä. Cet article a également été publié aujourd’hui même dans le journal  l’âge de faire. Je vous souhaite une bonne lecture.

Benoît.


peha_logiciel_libre

 

Pour bien débuter cette nouvelle saison, revenons sur la définition du logiciel libre, que certains d’entre vous confondent avec un logiciel gratuit dénommé « Freeware » ou gratuiciel. Or, on va voir que la gratuité n’est pas la principale qualité d’un logiciel libre, et que les logiciels gratuits (gratuiciels) ne sont pas nécessairement libres… Cet amalgame vient du fait qu’il y a une ambiguïté en langue anglaise autour du mot « free » qui peut signifier libre aussi bien que gratuit. Donc dans notre contexte, « Free software » se traduit par « logiciel libre » et non pas « gratuit ». D’ailleurs, un certain nombre d’anglophones utilisent désormais le vocable « Software libre » pour bien marquer la différence.

Alors pourquoi parle-t-on de liberté pour un logiciel ? Cela a plus de sens pour les êtres vivants que pour du virtuel ! En fait, il s’agit d’une liberté d’usage pour vous, pour nous, qui est constituée de 4 libertés numérotées de 0 à 3 (humour typique des informaticiens, Ndlr) par la Free Software Foundation, permettant de définir le logiciel comme libre :

0. la liberté d’exécuter le programme par vous, pour tous vos usages.
1. la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à vos besoins.
2. la liberté de redistribuer des copies du programme -ce qui implique la possibilité de donner, aussi bien que de vendre des copies. Par exemple en France, le chiffre d’affaires du logiciel libre représentait 4,5 Milliards d’euros en 2016.
3. la liberté d’améliorer le programme et de distribuer vos améliorations au public, pour en faire profiter tout le monde.

Quand le logiciel ne remplit pas ces 4 libertés, il est qualifié de propriétaire (ou de privateur) même s’il est distribué gratuitement. En l’utilisant, vous acceptez implicitement la licence, qui vous interdit de l’étudier, de le modifier, de le céder à des tiers. Il ne vous appartient pas, vous avez simplement un droit d’usage très limité.

Pour compléter la présentation du logiciel libre, voici une réflexion le concernant, proposée par Richard Stallman, qui fonda il y a 30 ans ce mouvement libertaire, ainsi que la Free Software Foundation :

« Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c’est le programme qui contrôle les utilisateurs. Le développeur contrôle le programme, et par ce biais, contrôle les utilisateurs. Ce programme non libre, ou « privateur », devient donc l’instrument d’un pouvoir injuste. »

A partir du principe du logiciel libre, sont nés de grands logiciels que vous utilisez tous les jours, comme Wikipédia, Linux (la base, entre autres, d’Android), Firefox, LibreOffice, VLC, etc. Preuve que la liberté est gage de qualité et d’utilisation pour tous !

Le concept de la licence du logiciel libre (GPL : GNU General Public License) a aussi permis la création des formats ouverts. Avec les formats, on ne fait pas référence au logiciel global, mais à la structure même des données du logiciel, qui est donc ouvertement publiée, ceci permettant à des développeurs de créer des logiciels pour traiter ces données dans le présent mais aussi dans le futur, comme la Pierre de Rosette a permis à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Dans un format propriétaire, si l’éditeur arrête de développer son logiciel pour lire vos données, celles-ci deviennent de facto illisibles, car personne ne sait, et n’a souvent même pas le droit de savoir, comment elles sont codées 😦

Dans cet article, nous avons uniquement employé le terme logiciel libre, et non pas celui d’Open Source, que vous pouvez entendre ou lire dans les médias. Cela n’est pas une erreur de notre part, car ces deux concepts, bien que poursuivant un but similaire (celui de donner une plus grande liberté d’usage aux utilisateurs de logiciels) ont cependant une différence fondamentale qui réside dans leurs philosophies respectives. Selon Richard Stallman dont nous partageons complètement l’analyse,

«  L’open source est une méthodologie de développement; le logiciel libre est un mouvement social ».

Voici deux articles, qui vous permettrons de former votre propre opinion sur ce sujet :
Pourquoi l’expression « logiciel libre » est meilleure qu’« open source »
En quoi l’open source perd de vue l’éthique du logiciel libre

Le mois prochain dans L’âge de faire : comment trouver des ressources libres : musique, images, etc.

Collectif EmmabuntüsGPL V3
Dessin : Péhä CC-BY 2017

 

Miamondo a son propre nom de domaine

Chères lectrices, chers lecteurs,

J’ai le plaisir de vous annoncer que le site évolue et qu’il possède désormais son propre nom de domaine, à savoir : https://miamondo.org

Finie l’adresse https://ordinosor.wordpress.com! Finies les publicités! Je précise que la redirection de l’ancienne adresse vers la nouvelle est automatique. On s’occupe de tout!

Je rappelle que nous sommes deux auteurs, moi-même (Ordinosor) et le Castillan qui m’a rejoint récemment. Le collectif Emmabuntüs va très prochainement également publier des articles sur Miamondo.

Si vous souhaitez nous rejoindre en tant qu’auteur, ce sera avec grand plaisir. Vous pourrez publier des articles liés au monde du libre.

J’ai également en réserve, une centaine de pages d’un roman de science-fiction intitulé Le message. j’ai seulement mis deux pages en ligne car en fait, j’aimerais l’écrire de manière collaborative. Si des écrivains en herbe sont intéressés… Qu’ils se manifestent!

Tschüss!

Sélection_017

Créer une clé USB persistante avec Archlinux.

Bonjour,

C’est avec une certaine joie que je rédige cet article qui fait suite à celui-ci. Souvenez-vous, je vous avais parlé de Framakey, une application que j’avais installée sur une clé USB de 31 GB. Je rappelle que Framakey se présente sous la forme d’une clé USB sur laquelle est installée la disrtribution Linux Mint et qui offre à son propriétaire, la persistance de données. Vous pouvez créer des dossiers ou des fichiers, télécharger une application ou en supprimer. Lorsque vous démonterez la clé, rien ne disparaîtra et au prochain reboot, vous retrouverez toutes vos données intactes.

Malheureusement, il s’est avéré qu’à l’usage, la navigation sur Internet était relativement hasardeuse voire carrément impossible. Attention! Loin de moi l’idée de jeter la pierre à Framakey car il faut être prudent : il est tout à fait possible que le problème vienne de ma clé USB elle-même. Mais y a-t-il des clés plus adaptées à ce genre de geekeries? Je n’en sais fichtre rien!

Toujours est-il que l’idée m’est venue de créer moi-même ma clé persistante (estampillée « qualité France » bien évidemment). Pour ce faire, j’ai jeté mon dévolu sur Lubuntu, un système d’exploitation très léger. Hélas, j’ai essuyé un échec. Or, il se trouve qu’il y a quelques semaines, sur mon netbook, j’avais installé Archlinux une distribution qui, il faut bien le reconnaître, tient toujours ses promesses.

Comme j’ai un pète au casque  j’aime bien expérimenter, je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de créer une clé USB persistante en y installant, tenez-vous bien, Archlinux. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Pour ceux qui découvrent le nom de ce système d’exploitation, Archlinux est aux distributions GNU/Linux ce que la Légion Étrangère est aux troupes conventionnelles… C’est un peu spécial. Eh bien pourtant, à ma grande surprise, ça tient la route! La clé est persistante et parfaitement opérationnelle. Certes, le démarrage est un peu lent et la navigation sur Internet également mais ça reste dans les limites du raisonnable! Ça ne freeze jamais! Regardez comme c’est beau!

Screenshot

Voici donc comment j’ai procédé pour parvenir à mes fins. Je me suis servi de deux clés USB :

  • une clé de 31 GB destinée à accueillir le système persistant,
  • une clé de 4 GB qui contient l’image iso d’Archlinux 32bit.

clef

J’ai enfiché mes deux clés dans les ports de ma tour et j’ai modifié le Bios pour que ce dernier boote sur la clé de 4 GB. Évidemment, après une page d’accueil sommaire, je me suis retrouvé dans un terminal tout noir (Ben oui! c’est du Archlinux). Le disque dur de l’ordinateur sur lequel j’opérais était en /dev/sda, la clé de 4 GB contenant l’image iso était en /dev/sdb et la clé de 31 GB en /dev/sdc.

J’ai rentré en root la commande cfdisk /dev/sdc dans un terminal. Cela m’a permis de valider que /dev/sdc correspondait bien à la clé de 31 GB. C’est important pour la suite! Je me suis plus ou moins aidé de ce guide officiel pour l’installation. J’ai donc procédé au partitionnement du disque comme suit :

  • /dev/sdc1 pour le boot
  • /dev/sdc2 pour la swap
  • /dev/sdc3 pour le /
  • /dev/sdc4 pour le /home

Ce qui nous donne :

cfdisk

J’ai partitionné la clé avec cfdisk mais vous pouvez le faire aussi avec gparted. Moi je suis plus à l’aise avec cfdisk. Puis, j’ai formaté tout ça :

mkfs.ext2 /dev/sdc1
mkfs.ext4 /dev/sdc3
mkfs.ext4 /dev/sdc4

mkswap /dev/sdc2

Et j’ai monté les partitions. Je ne rentre pas dans les détails. Je ne vais pas recopier le guide. Ce n’est pas l’objet de cet article. Enfin, j’ai procédé à l’installation proprement dite et ce qui est tout bonnement extraordinaire dans cette histoire, ce qui est absolument incroyable, c’est que… eh bien en fait, il n’y a rien d’extraordinaire, ça s’installe comme sur un vulgaire disque dur. Cela dit, ça reste du bon vieux Archlinux. Prévoyez tout de même du savon à microbilles pour faire partir le cambouis et retrouver des mains propres. Mais franchement, je l’ai installé en suivant la même procédure que pour mon netbook et ça fait le boulot pour peu qu’on lui laisse le temps de chauffer! Comme navigateur, j’ai préféré Chromium à Firefox qui m’avait causé quelques déboires avec ma clé version Linux Mint Framakey.

Voilà donc une histoire qui se termine bien. Toutefois, il y a une question qui reste en suspend. J’ai ouï-dire qu’avec une clé persistante, il ne fallait surtout pas faire de mise à jour système. Pourquoi donc? Est-ce que quelqu’un peut éclairer ma lanterne sur ce sujet?

 

Framakey, l’application des nomades

Bonjour,

Je n’en finis pas de découvrir les services de Framasoft et aujourd’hui, je voudrais vous présenter  Framakey, une application qui s’adresse aux nomades.

Framakey

Framakey est un service qui va vous faire goûter aux joies du nomadisme informatique. Rassurez-vous, vous n’allez pas être obligé de vous acheter une roulotte et de parcourir des chemins défoncés en écoutant du Gipsy King. Vous aurez juste besoin de faire l’acquisition d’une clé USB d’au moins 16 GO. Pour le téléchargement, c’est là que ça se passe.

Framakey vous offre la possibilité d’installer sur votre clé USB :

  • le système d’exploitation Linux Mint
  • le pack de logiciels portables Framakey destiné à nos amis de la tribu Windows.
  • Des contenus et des ressources libres.

Alors, vous allez me dire : « Mais Ordinosor, ce que tu nous présentes, c’est simplement une clé live bootable qui permet de découvrir Linux Mint et, le cas échéant, d’installer cette distribution en lieu et place (ou bien à côté) d’un système d’exploitation déjà présent sur le disque dur de ton ordinateur. Rien de bien nouveau, mon pauvre ami! »

Eh bien détrompez-vous! Framakey installe sur votre clé USB un système d’exploitation qui, contrairement à une vulgaire clé live, vous permet d’enregistrer  et de conserver des documents, de télécharger de nouvelles applications, d’en supprimer d’autres sans que vous ayez besoin d’installer Linux Mint sur votre disque dur. On appelle cela la persistance de données. Votre clé est persistante, c’est-à dire que si vous la démontez, le document .odt que vous venez de créer, ne vas pas disparaître. Il restera sur la clé et la prochaine fois que vous allez booter dessus, vous retrouverez votre document.

Ça veut dire quoi? Ça veut dire que vous avez entre les mains, un minuscule ordinateur que vous pouvez ranger dans la poche de votre blue-jean (comme on disait dans le temps) et que vous pouvez activer où bon vous semble, chez vos parents, chez vos amis, pour peu que vous ayez un ordinateur à portée de main.

Personnellement, j’ai fait l’installation sur une clé de 31 GB. Voici la procédure détaillée ici :

  • Télécharger Framakey Mint
  • Dézipper. Vous allez vous retrouver avec une image intitulée image_live_travail.img (Au passage, je trouve que le nom n’est pas très explicite).
  • Si vous avez bu, arrêtez-vous là et allez vous coucher. Si vous êtes à jeûn, ouvrez un terminal et utilisez la commande dd pour copier l’image sur votre clé USB d’au moins 16 GO préalablement démontée :

sudo dd bs=4M if=/home/ordinosor/image_live_travail.img of=/dev/sdc status=progress && sync

  • Achtung! Aidez-vous de l’application disks pour repérer l’emplacement de votre clé. Dans mon cas, c’est /dev/sdc. Une simple erreur de lettre peut avoir des conséquences abominables. C’est la raison pour laquelle je vous conseille d’avoir les idées claires! Je rappelle que if signifie input file (origine) et que of signifie output file (destination).

disks

  • L’opération prend un petit peu de temps et c’est bien normal. Je vous rappelle qu’il y a 16 GB à copier. C’est pas une paille!
  • Lorsque votre clé USB est prête, allez dans le BIOS de l’ordinateur que vous utilisez et modifiez l’ordre de boot.
  • Continuer la procédure de démarrage et normalement vous allez voir apparaître cette page d’accueil.

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Alors, j’ai pris le temps de tester Framakey. Maintenant, je suis tout à fait satisfait du résultat mais il y a eu tout de même quelques péripéties qui me font dire que le procédé n’est peut-être pas à 100% « user-friendly ».

Ce qui tient la route :

  • Le démarrage est certes lent  mais on arrive sans encombres sur le bureau
  • Aucun souci pour ouvrir le gestionnaire de fichiers.
  • La persistance de données fonctionne, rien à redire. J’ai créé un fichier et un dossier. J’ai téléchargé des photos. Après un reboot, j’ai tout retrouvé.
  • Pas de problème non plus pour ouvrir LibreOffice et travailler avec ce logiciel malgré quelques lenteurs.

Ce qui fut une vraie galère :

  • Internet… Je voulais terminer de rédiger cet article en utilisant le Firefox de ma clé persistante, pour faire le kéké numérique… Je n’ai jamais réussi. Les pages mettaient des plombes à charger et si j’avais voulu aller au bout de mon projet, les secours m’auraient retrouvé recroquevillé sur ma chaise à l’état de squelette. J’ai désinstallé Firefox et installé Midori. Même punition. J’ai installé Chromium et là, miracle, ça fonctionne très bien. Évidemment, c’est un peu plus lent mais c’est tout à fait raisonnable. Ouf! Je me voyais déjà terminer cet article sur un constat d’échec!

C’est donc en utilisant le Chromium de ma clé persistante que je rédige ces dernières lignes et que je vous souhaite un excellent week-end.

Mince alors! Ma sacoche est trop grande maintenant!

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Mince alors! Ma sacoche est trop grande maintenant!

Addendum du 10/09/2017 : J’ai voulu tester la clé également sur mon vieil ordinateur portable et sur mon netbook mais j’ai réalisé que ça ne fonctionne pas avec les processeurs 32 bit. Voici le message qui s’affiche :
« This kernel requires an X86-64 CPU but only detected an i686 CPU. Unable to boot. Please use a kernel appropriate for your CPU »

Addendum du 11/09/2017 : Après plusieurs heures d’utilisation, je suis quelque peu déçu par le fait que l’ouverture du navigateur provoque de manière aléatoire, une lenteur qui finit par geler tout le système. J’ai fait deux réinstallations qui n’ont pas réglé le problème. Est-ce que ça vient de la clé USB elle-même? C’est tout à fait possible. Toujours est-il que je vais essayer de créer moi-même une clé USB persistante à l’aide d’une deuxième clé sur laquelle je vais installer Lubuntu. Je vous raconterai tout ça dans un nouvel article qui paraîtra mercredi 13 Septembre!

Shutter (des screenshots à gogo !)

shutter-logo-icon

Licence : GPL v3
Créateur : Mario Kemper & Vadim Peretokin
Dernière version stable : 0.93.1
Langage : perl

URL du projet : http://shutter-project.org/

Introduction

Shutter

Shutter est une application pour systèmes Linux permettant de faire des copies d’écrans (screenshot) et bien plus ! Bien évidement les fonctionnalités de base permettent de faire une copie d’écran classique (écran en entier, une fenêtre ou bien une sélection manuelle) mais là où l’outil est intéressant, c’est dans ses fonctionnalités avancées telles : Continuer à lire … « Shutter (des screenshots à gogo !) »

Présentation de quelques services de Framasoft (notamment framaboard)

Bonjour,

J’ai décidé de me libérer un peu de l’emprise de Gougueule et pour cela, je me suis intéressé de plus près aux nombreuses alternatives offertes par Framasoft, association dont le but est de « faire connaître et diffuser le logiciel libre, sa culture et son état d’esprit » (source : Wikipédia). Depuis quelques semaines, j’avoue que je prends plaisir à baguenauder sur leur site et à découvrir les services qu’ils proposent.

Continuer à lire … « Présentation de quelques services de Framasoft (notamment framaboard) »

L’espéranto, une langue de libriste?

Introduction

Sur ma page de présentation, je précise que l’un de mes centres d’intérêt est l’espéranto. Cette langue a été construite et offerte à l’humanité sous le nom de langue internationale par L.L Zamenhof en 1887. Cet ophtalmologiste polonais né dans une famille juive a publié ses travaux sous le pseudonyme de Doktoro Esperanto (le docteur qui espère). C’était son avatar en quelque sorte. Dès sa naissance, l’espéranto s’est donné pour but de faciliter la communication entre les peuples et par conséquent, de rapprocher les hommes. Continuer à lire … « L’espéranto, une langue de libriste? »