Linux, c’est aussi pour les seniors

Image illustrant l’article : Sergei Tokmakov Terms.Law de Pixabay

J’ai passé plusieurs semaines de vacances chez mes parents, lesquels ont profité de ma présence pour me prier de bien vouloir ausculter leur ordinateur. Celui-ci était, selon leurs dires, frappé d’une lenteur anormale. Je l’ai mis sous tension et j’ai rapidement constaté que leur machine équipée du système d’exploitation Windows 8 était en effet bien poussive.

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Linux From Scratch (partie 3)

Mon script d’installation personnalisé

Source de l’image illustrant l’article

ATTENTION! Tout comme la procédure officielle, cette procédure personnalisée présente un risque pour le système hôte installé sur votre ordinateur. Il est vivement recommandé d’utiliser une machine de test.

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Linux From Scratch (partie 2)

Dans la partie 1, nous avons installé les bases de notre futur système LFS. Nous avons:

  • créé une partition dédiée,
  • téléchargé les archives dans le répertoire /mnt/lfs/sources,
  • créé quelques répertoires nécessaires à la construction,
  • ajouté un nouvel utilisateur (lfs)
  • ouvert un shell de connexion pour l’utilisateur lfs.
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Linux From Scratch (partie 1)

Linux From Scratch signifie Linux à partir de rien. Créé par Gerard Beeskamp, un informaticien néerlandais, ce projet pédagogique détaille le process de compilation et d’installation de tous les paquets nécessaires à la construction d’un système d’exploitation Linux léger, sécurisé et très personnalisé. Ici, pas besoin de démarrer sur une clé USB d’installation. Le seul prérequis est que l’ordinateur « hôte » soit équipé d’une distribution Linux sur laquelle nous allons nous greffer avant de nous en détacher pour voler de nos propres ailes.

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Chroniques terriennes – 10. Si l’humanité s’évaporait

En trois millions d’années, un laps de temps très court par rapport à l’âge de notre espace-temps, la famille des hominidés est passée du premier outil de pierre taillée au grand collisionneur de hadrons capable, en désintégrant la matière, de percer ses secrets les plus intimes.

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Chroniques terriennes – 9. Lucy

Texte prémonitoire écrit en Avril 2019

L’objectif du gouvernement chinois était clair: Abandonner la Terre et transférer un maximum de citoyens vers les nouvelles colonies martiennes. Toute la nation s’était lancée à corps perdu dans la production de vaisseaux de transport en grande série, exploitant à outrance les ressources que le berceau de l’humanité pouvait encore leur offrir. Les vaisseaux étaient assemblés en orbite basse au prix d’un effroyable sacrifice humain. Celles et ceux sélectionnés pour l’évacuation étaient acheminés par ascenceur au-delà de la ligne de Kármán, dans l’espace interplanétaire.

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Chroniques terriennes – 8. L’univers est un jardin

Je vais maintenant vous parler de l’un de mes nombreux centres d’intérêt, en l’ocurrence le jardinage. Cela fait plusieurs années que dans mon petit village du centre-nord de l’Allemagne, je prends soin d’un jardin potager, biologique cela va sans dire. Je cultive des salades, des tomates, des potirons, des carottes, des courgettes, des concombres et même des poivrons ! J’ai beaucoup de plaisir à jardiner. Chaque saison, je me réjouis de pouvoir donner vie à des légumes simplement en dispersant des graines dans un sillon ou dans des pots. Le jardin, c’est un peu comme l’univers. Mettre une graine en terre et l’arroser, c’est déclencher un big bang. À l’origine, la graine est inerte. Certes, elle contient tout le code nécessaire pour devenir par exemple un beau potiron, mais sans un dieu pour l’amorcer, elle reste inerte, comme hors du temps. C’est l’action du jardinier qui, en enrichissant la terre avec du compost et en arrosant la graine, démarre l’espace-temps biologique de cette dernière. Très vite, la graine s’ouvre et devient une plante, laquelle reconnait le jardinier comme son Dieu créateur.

Lorsque je jardine, j’ai conscience que la mort et la vie sont inséparables. Sans la mort, pas de vie, sans la vie pas de mort. Sans me poser de questions, j’arrache les légumes arrivés à maturité et je les dévore vivants. Je n’ai pas le choix. Pour moi, c’est une question de vie ou de mort. J’ai besoin de manger les légumes à qui j’ai donné vie pour compenser mon déséquilibre entropique et ne pas mourir. Le reste, les parties non-comestibles (tiges, feuilles, pépins…) sont jetées sur le tas de compost. Et curieusement, elles se transforment en un substrat d’une richesse telle qu’il devient une source de vie pour les nouveaux légumes. Les tomates ont besoin de cet apport organique issu de la mort et de la décomposition végétale. La mort nourrit la vie qui en retour, nourrit la mort. Vie et mort se promènent main dans la main. C’est en dévorant des légumes et aussi des animaux, que nous pouvons nous reproduire avant que notre activité cérébrale s’arrête définitivement. Pour assurer la survie et la dispersion de nos gènes, nous donnons la vie avant de mourir. En agissant ainsi, nous nous croyons immortels… Alors que c’est tout le contraire ! En nous reproduisant, nous assurons la pérénité de la mort. Je n’ai jamais compris pourquoi l’Église Catholique défendait la croissance et la multiplication de notre espèce. Si notre planète ne comptait plus que quelques centaines de milliers d’âmes, toutes regroupées en Nouvelle-Zélande, ce serait parfait. La nature pourrait se régénérer et l’être humain ne pourrait pas la déséquilibrer.

Notre univers spatiotemporel est un immense centre de recyclage mais ce n’est pas un organisme qui vit en circuit fermé. Il a besoin d’un apport extérieur qui est Dieu ou le jardinier. Peu importe ! Il a besoin qu’une entité supérieure prenne soin de lui. Si le Dieu-Jardinier n’arrose pas ses créatures végétales, alors celles-ci vont se déséquilibrer et mourir… Et si elles meurent, le Dieu-Jardinier qui n’aura plus rien à manger va se déséquilibrer et mourir à son tour, sauf si son Dieu intervient pour le sauver. Tout est lié et tout se tient. On peut alors légitimement se poser la question suivante : Est-ce que le Dieu qui nous a créés, va se déséquilibrer et disparaître s’il nous laisse mourir ? A-t-il tout autant besoin de nous, que nous avons besoin de la puissance de son verbe ? Est-ce que Dieu est mortel ? C’est une idée qu’on ne peut pas écarter… Ce qui expliquerait qu’il se soit fait Homme pour nous sauver, et qu’il ait besoin de nous, pour ne pas perdre l’équilibre. Il est peut-être là le mystère. Pour ne pas mourir, l’être humain ne peut faire autrement que de puiser à la source du Verbe… Et Dieu qui est peut-être beaucoup plus fragile qu’on ne le pense, a besoin non pas de notre verbe mais de notre amour. Tout est lié et tout se tient.

Chroniques terriennes – 7. L’Occident et la mort

Dans nos sociétés occidentales, toutes les morts ne se valent pas. Il y en a qui nous laissent indifférents et d’autres qui constituent un vrai traumatisme. Si vous êtes un soldat, l’idéal est de mourir au combat. Vous êtes assuré, l’espace d’une journée, d’avoir votre nom et votre photo tout en haut de la page Google News, accompagné d’un communiqué du ministère de la défense où il sera précisé que vous étiez un homme sans défaut. Vous serez décoré mais la médaille restera ici-bas, agrafée sur le drapeau qui recouvrira votre cercueil.

La mort est multiforme et nous la considérons comme acceptable seulement s’il s’agit d’un sacrifice qui nous offre la liberté. Prenons par exemple, les accidents de la route et la guerre au Mali. Depuis janvier 2013, au nom de la liberté de déplacement, vingt-six mille de nos concitoyens, qui ne demandaient qu’à continuer de vivre, ont péri dans un accident de la route. Ce nombre froid est parfaitement accepté par notre société. Ces morts sont complètement invisibles et il n’y aura jamais de monument aux victimes de la route en France. Leurs familles, à jamais traumatisées, n’ont pas le droit de se plaindre. Elles doivent accepter ce sacrifice presque rituel qui est le prix à payer pour que tous ceux qui sont encore de ce monde puissent continuer à se déplacer librement et à profiter de la vie.

Dans ce même intervalle de temps, au Sahel, l’armée française a perdu cinquante-cinq soldats. Vous trouverez leur nom, prénom, âge, grade et unité dans la wikipédia francophone. Vous trouverez tout un tas de statistiques inutiles comme par exemple, leur origine départementale ou le nombre de morts par régiment et par garnison, ce qui n’est pas la même chose. Depuis 2013, début de l’intervention au Mali, la France a perdu en moyenne sept soldats par an. C’est très peu… Et pourtant, à chaque mort, la France se pose la question de savoir si elle doit mettre fin à l’aventure et laisser les pays du Sahel se débrouiller tout seuls. Ce comportement est d’autant plus étrange que contrairement aux victimes de la route, tout le monde s’accorde à dire que c’est le devoir de tout bon soldat de se battre jusqu’au sacrifice suprême. Ça fait en quelque sorte partie du contrat. Il est difficile de dire combien de combattants ennemis ont été tués par l’armée française, des centaines, peut-être des milliers… Pardon, excusez-moi, j’aurais du écrire combien de terroristes ont été traités. L’utilisation du verbe “tuer” est proscrite. Cachez-moi cette mort que je ne saurais voir… Le combattant ennemi est toujours un terroriste, jamais un soldat, encore moins un résistant. Un terroriste, ça se traite. Vous noterez que c’est un terme que l’on réserve normalement aux animaux nuisibles. On déshumanise l’ennemi pour ne pas se dire que l’on tue un être humain. Le soldat occidental n’est plus un guerrier mais un opérateur des forces spéciales. C’est un terme emprunté à l’industrie (opérateur CN, opérateur de production, etc.)

Pire encore, on forme des télépilotes de drones, c’est-à-dire des soldats qui, quelque part en France, passeront leurs journées dans un bunker, à traiter des objectifs au joystick avant de rentrer chez eux le soir, de dîner, et d’aller border leurs enfants. À force de tuer comme dans un jeu vidéo, ces opérateurs de drones, déshumanisés, qui ne croiseront jamais le regard de leurs ennemis, deviendront fous. Leur psychisme ne pourra pas encaisser le fait que deux heures avant de prendre l’apéro avec des amis, ils lâchaient un missile sur un pick-up rempli de combattants ennemis. L’homme occidental n’ose plus regarder la mort en face. Il fanfaronne en jurant ses grands dieux qu’il est prêt à mourir pour le drapeau, mais l’amour de la patrie ne remplacera jamais la foi en Dieu et en la vie éternelle. La mort est taboue parce que dans nos sociétés européennes, elle est de plus en plus considérée comme une séparation définitive, une inconcevable néantisation de l’esprit.

J’ai grandi dans une petite commune vendéenne qui compte deux églises. La plus ancienne est une église romane du XIIe siècle à laquelle est accolée le cimetière municipal. De l’autre côté de la rue, il y a le stade de foot, et dans ma jeunesse (j’ignore si c’est encore le cas aujourd’hui). il y avait aussi le foyer des jeunes déversant tous les samedis soirs ses décibels. Les mobylettes “trafiquées” pétaradaient sans perturber le sommeil éternel de celles et ceux qui avaient rejoint leur dernière demeure. Le cimetière se trouvait et se trouve toujours au cœur du village. Sa population de cadavres décomposés ou en décomposition rappelle aux générations les plus jeunes, que la mort fait partie de la vie, qu’elle est naturelle.

Mais aujourd’hui, lorsqu’un nouveau cimetière doit être aménagé, aucune municipalité n’a l’idée saugrenue de proposer à ses administrés de l’implanter au cœur de la cité, c’est-à-dire au milieu des vivants. Ceinturés d’une haie de cyprès pour soustraire les tombes à notre regard, les cimetières se trouvent bien à l’écart des dernières habitations. Enveloppés de silence, ce ne sont plus des lieux qui nous invitent à l’humilité en nous rappelant que nous ne sommes que de passage. Non… Ce sont de véritables décharges humaines.

Chroniques terriennes – 6. Regain (Jean Giono)

À présent, j’ai envie de vous parler d’espoir et de vous présenter Regain, un livre de Jean Giono qui m’a profondément marqué. C’est un court roman dont l’action se situe à Aubignane, un village fictif de haute-Provence au bord de l’abandon. Après le départ de Gaubert et de la Mamèche, il ne reste plus qu’un seul habitant, Panturle. Ce dernier se retrouve prisonnier de sa solitude. Entouré d’une nature âpre et sauvage et n’ayant plus de contact avec autrui, il passe ses journées à chasser et il se dépouille peu à peu de son humanité.

Et puis un jour, guidée par une force mystérieuse, une femme toute simple prénommée Arsule va croiser son chemin. Grâce à sa présence bienveillante, la vie va renaître dans le petit village d’Aubignane. Panturle va recommencer à travailler la terre abandonnée aux ronces, tandis qu’Arsule va redonner vie au foyer. Ce roman nous parle de la solitude qui peut déshumaniser et rendre fou mais aussi de l’amour tout empreint de simplicité et de respect qui unit deux êtres. Cet amour leur donne la force de panser leurs blessures et de retrouver le goût de la vie. C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui tirent un trait sur leur passé douloureux et qui décident tout naturellement de prendre un nouveau départ. C’est l’histoire d’une résurrection.

C’est également un roman profondément féministe. La femme, source d’équilibre, devient l’égale de l’homme. Avant de rencontrer Panturle, Arsule vivait dans un état d’infériorité par rapport aux hommes qui assuraient sa subsistance. Aux côtés de son nouveau compagnon, elle accède pleinement à la liberté. Il est à noter que bien que l’action se déroule il y a un siècle, il n’est pas question de mariage dans tout le roman. J’ai le sentiment que celui-ci est vu par l’auteur, comme un carcan. Dans ce roman, la nature est omniprésente, non pas celle transformée en sanctuaire et par conséquent interdite d’accès à l’humanité, mais une nature qui s’offre à l’homme. Ce livre exalte le rapport simple de l’homme à la nature qui l’entoure. L’auteur, Jean Giono, nous rappelle que cette dernière n’est pas une déesse, que la terre n’est pas un sanctuaire intouchable. L’être humain devient le gardien d’une nature qui a besoin d’être soignée et dont on ne doit pas en tirer plus qu’il est nécessaire. En contrepartie, celle-ci lui offre tout ce dont il a besoin pour vivre. C’est ce qu’on appelle l’écologie humaine.

Enfin, dans ce livre, le travail n’est pas synonyme d’aliénation. Il a un sens et il permet à l’homme et à la femme de s’émanciper. C’est au fond, un livre où l’être humain retrouve la foi parce qu’elle le rend libre. Je n’ai pas le sentiment que l’auteur exalte des valeurs conservatrices, bien au contraire. Cette histoire de renaissance est pleine de modernité et elle devrait nous interroger sur le chemin que l’humanité est en train de prendre, car nous sommes assurément en route pour des âges sombres. Lisez Regain. Ce livre qui vient du passé est à la fois un manuel de survie et une constitution pour le monde qui s’annonce. Et puis, au détour d’une page, vous allez peut-être ressentir la présence bienveillante de Dieu.