4 – Le système solaire de Shirkaa

Jaber était le plus gros des dix-sept satellites lunaires que comptait le système solaire de Shirkaa. Tous ces astres secondaires gravitaient autour de six planètes, dont trois étaient des géantes gazeuses : Yaaren-1, Yaaren-2 et Suri. Les trois planètes telluriques, plus petites, étaient les plus proches de Shirkaa, le Soleil Sacré. Shaadar était la deuxième et la seule qui semblait présenter des conditions naturelles ayant permis l’émergence d’une intelligence biologique. La première, Elboor , était, en terme de taille, sa sœur jumelle. Mais sa proximité d’avec le soleil l’avait transformée en antichambre de l’enfer. La température moyenne au sol atteignait les 800 °C et ce n’était pas de l’eau qui irriguait ses terres défigurées mais de l’acide sulfurique. Aucune implantation de colonies shaadies n’était envisageable. Aucune exploitation de ses matières premières n’était possible. Le Centre Impérial des Mondes Extérieurs décida l’envoi de quelques sondes automatiques pour l’étudier de plus près : la plupart d’entre elles se consumèrent avant de toucher la surface. On abandonna Elboor à son triste sort.

La troisième planète, Goran, avait connu il y a bien longtemps des conditions plus favorables à l’apparition de la vie puisque de l’eau en grande quantité avait coulé à sa surface. Mais cette eau, pour une raison que les savants ignoraient, avait disparu et son atmosphère, deux fois moins épaisse que celle de la planète-mère, renfermait un taux de dioxyde de carbone mortel pour les shaadis. En opposition périhélique, la planète Goran était située à soixante-dix millions de kilomètres de Shaadar. Son diamètre était légèrement plus important que celui de Jaber. Les premières explorations directes s’effectuèrent à l’aide de sondes automatiques et d’entités mécatroniques. Ces dernières validèrent une partie des mesures obtenues depuis les observatoires de la planète-mère et ils confirmèrent qu’en des temps reculés, de l’eau avaient coulé à sa surface. Aucune trace exobio ne fut décelée. A l’aide de petites unités automatiques de forage, on découvrit d’immenses nappes phréatiques, profondément enfouies sous le sol jaune foncé de Goran. C’est ce qui finit par convaincre le Centre Impérial des Mondes Extérieurs de financer une expédition habitée.

Ce fut une aventure bien plus ardue que la colonisation de Jaber car il fallut prendre en compte l’éloignement de Goran et par conséquent la durée du voyage. L’expédition fut programmée sur deux révolutions : soit trois shaarkans de voyage aller, douze shaarkans sur place consacrés à l’exploration et à la collecte des données et enfin trois shaarkans de voyage retour. Sept légionnaires de l’Ordre Noir furent sélectionnées parmi lesquels trois femelles. Le choix d’un nombre impair devait permettre de dégager une majorité pour chaque décision importante que l’équipage serait amené à prendre. Pour la première fois depuis l’aube des Premiers Temps, des légionnaires virent disparaître à l’oeil nu la planète dont ils étaient originaires. Seule la fine et fragile enveloppe de leur vaisseau spatial les protégeait du mortel Kaadar-Zwaart. Ils arrivèrent à bon port sur leur nouveau monde de désolation.

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