3 – Les satellites lunaires de la planète-mère

La planète Shaadar possédait trois satellites naturels que les anciens avaient baptisés Beri Kleen, Beri Grut et Jaber. Le diamètre de Beri Kleen ne dépassait pas trois kilomètres. Il était huit fois plus petit que son grand frère Beri Grut. Ces deux astres, de taille très modeste n’étaient pas sphériques. Ils orbitaient à 58 000 kilomètres de la planète-mère et à la surface de Beri Grut, le Centre Impérial des Mondes Extérieurs avait établi une base chargée d’étudier les effets d’un isolement prolongé sur le psychisme des futurs explorateurs.

Jaber, le troisième satellite naturel, était située à une distance moyenne de six cent mille kilomètres. Son rayon équatorial était de 3401 kilomètres et il possédait une atmosphère respirable à la condition de porter un filtre sur la bouche et le museau. Sans cette précaution, la haute teneur en cyanure d’hydrogène s’avérait mortelle. Le premier shaadi y posa le pied en 3017 du Temps de la Résurrection. Cet honneur revint au Dhalgoth Merkhav. Au-delà de l’enveloppe de vie que constituait l’atmosphère de la planète-mère, s’étendait ce que les Shaadis des Premiers Temps avaient baptisé le Kaadar-zwaart, le Royaume du Noir. Le titre de Légionnaire de l’Ordre Noir était conféré à tous les mâles, femelles et ashaars qui avaient dépassé les frontières de l’enveloppe de vie et s’étaient aventurés dans l’immensité glacée du Kaadar-Zwaart.

Le Dhalgoth Merkhav était un de ces légionnaires. Fort d’une immense expérience et doté d’un sang-froid à toute épreuve, le Dhalgoth fut désigné pour être le premier Shaadi à fouler la surface d’une autre planète. Son empreinte sur le sol pelé de Jaber marqua le début d’un nouveau Temps, celui de la Conquête. Les missions d’exploration s’enchaînèrent. Un événement marquant bouleversa les savants et tous les sujets de la Planète-Mère. Ce fut la découverte des premières traces de vie exobios : de grandes quantités de lichen avaient investi les roches lunaires. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’une forme de vie supérieurement évoluée mais ce lichen représentait l’espoir de découvrir un jour peut-être des entités exobios évoluées.

Comme l’atmosphère était respirable à condition de porter un filtre, et malgré l’aridité de l’astre, la colonisation débuta rapidement et les colons shaadis s’activèrent pour transformer l’aride satellite lunaire Jaber en un astre habitable.La topographie particulière de l’astre (les nombreux lits de rivière abandonnés) confirma aux savants que de l’eau avait naguère coulé en surface. On découvrit dans les profondeurs d’immenses nappes phréatiques et grâce à un ingénieux système hydraulique, l’eau fut remontée et canalisée pour irriguer les sols. Des rivières se mirent à couler. Des lacs, dont le plus étendu formait une véritable mer intérieure, furent alimentés. Des forêts, dévoreuses de dioxyde de carbone et génératrices d’oxygène, furent plantées. Le cyanure d’hydrogène diminua jusqu’à atteindre un taux permettant de respirer sans filtre. Les premiers colons, rassemblés dans de modestes villages, cultivèrent la terre et une campagne luxuriante bouleversa le visage de l’astre autrefois sec et désertique. Puis, très vite, aux premiers villages habités par de rudes aventuriers au caractère bien trempé, succédèrent des villes coquettes. Merkhavi devint la capitale. Elle fut baptisée en l’honneur du Dhalgoth commandant la première mission. C’était une cité moderne : pas de courbes, pas de ruelles tortueuses contrairement aux vieilles cités historiques de Shaadar. L’architecture révolutionnaire de Merkhavi tranchait avec celle de la Planète-Mère. Puisque Jaber ne subissait pas la violence des ouragans, les architectes s’en donnèrent à coeur joie et construisirent des immeubles à plusieurs étages, d’orgueilleuses tours de verre qui accueillaient les rayons sacrés de Shirkaa pour le plus grand bonheur de ses occupants. La ville avait été construite selon un plan rectiligne. Les artères principales partaient d’une immense place centrale baptisée Place de la Conquête au centre de laquelle se dressait, majestueuse une oeuvre représentant l’ADN du Dhalgoth Merkhav.

La vie se révélait agréable sur Jaber. Il y régnait comme un parfum de légèreté, de vacances perpétuelles si bien que le satellite lunaire devint un lieu de villégiature apprécié par les nobles familles shaadies. Au début du Temps de la Conquête, l’Impératrice Noo’sha XII, antégénitrice de l’actuelle souveraine Ebora, devint la première Impératrice de Shaadar et Jaber.

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