Quelques nouvelles de nos amis de YovoTogo (épisode 2)

Mardi 17 octobre

Une journée intense et bien remplie, une visite matinale chez les enfants puis chez les adolescents, tous prêts pour l’école ou le lycée. Un moment très agréable ou chaque visage retrouve un nom. On échange quelques nouvelles, on retrouve Joseph l’homme d’entretien, Richard le chauffeur et bien d’autres.

A neuf heures nous sommes pris en charge par le Rotary Club de Tandjouaré Dapaong pour participer à la visite annuelle de leur Gouverneur 2017/18 le Docteur Nigérien Ari Toubo IBRAHIMA. Le lien essentiel entre YovoTogo et le R.C. de Tandjouaré Dapaong est le projet mis en place maintenant depuis 2014 de réalisation de salles informatiques avec du matériel reconditionné sous l’OS Emmabuntüs. Les Rotariens de Jump Lab Orione (Jeunes Unis pour un Monde de Progrès) sont les piliers Togolais de ce projet qui cette année aboutira à l’inauguration de la 12ème salle de 20 ordinateurs dans des structures éducatives et sociales des Savanes. Dans son prolongement ce projet vise la mise en place l’année prochaine au sein même du C.R.E.T.F.P. (Collège Régional d’Enseignement Technique et de Formation Professionnel) de Dapaong d’un FabLab et d’un OrthoLab destinés à produire en impression 3D des éléments destinés à l’atelier orthopédique de Bombouaka.

L’intitulé du projet : « Ortholab-Dapaong : Le numérique libre au service de la jeunesse pour réduire le handicap au nord Togo ». A titre plus personnel Claude en tant que membre du Rotary Club de La Roche sur Yon participe avec son club à un projet d’équipement en documents, mobiliers et puits de 4 écoles primaire enclavées et déshérités. L’après midi s’est achevée avec une calebasse de Tchapalo, une découverte de plus pour Patrick qui a passé l’initiation avec brio.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mercredi 18 Octobre 2017

Nous partons visiter des familles d’enfants en situation de handicap, parrainés par l’intermédiaire de l’association. Ces tournés de brousses sont incontournables dans nos séjours, c’est une occasion de se rappeler les réalités de vie de ces populations et en même temps de créer du lien humain au-delà de la dimension financière. Les familles se sentent valorisées d’avoir des visiteurs venant de si loin et ils nous le disent, de même ils affirment que dans le voisinage cela valorise l’enfant handicapé trop souvent marginalisé.

Comme d’autres fois le Père Adam et Parfait le sociologue du centre qui nous accompagnent découvre sur notre itinéraire un enfant de 8 ans, sourd et muet qui ne marche plus depuis 3 ans suite à des crises. Les parents sont convoqués au centre pour une consultation car après examen il s’avère que le potentiel de rééducation de la marche serait préservé. Nous touchons là du doigt le travail du centre Don Orione qui n’attend pas que les enfants et les parents viennent frapper à leur porte. Une fois encore le manque de moyen financier isole les familles dans leurs problèmes.

Soutenir le Centre c’est aider tous les enfants handicapés du Nord Togo et des alentours. Parrainer un enfant c’est simplement se substituer aux familles en apportant une aide financière permettant au centre de soutenir et amplifier ses efforts. L’après midi était festif puisque Stéphane Magicien Ventriloque nous accompagne pour quelques jours dans le but de d’offrir son spectacle aux enfants du centre et aux enfants de l’école primaire et du lycée, ils seront environs 500  répondre à notre invitation et ce fut un très bon moment de joie pour eux qui pour certains ont pu être acteur de quelques tours du spectacle.

Merci Stéphane pour ton geste solidaire et ta générosité !

Comment trouver des ressources libres?

Collectif EmmabuntüsGPL V3

Dessin : Péhä CC-BY 2017

Cet article a également été publié dans le journal  l’âge de faire

Dans l’article du mois précédent, nous avons présenté le logiciel libre. La philosophie de ce dernier a donné naissance à des licences similaires dans les domaines artistiques, que nous appelons la culture libre. De fait, l’utilisation des licences art libre et Creative Commons, a permis l’émergence de la musique libre et de l’art libre.

peha_domaine_public

Par exemple, pour la musique libre : elle peut être librement écoutée, partagée avec vos amis, incluse dans vos vidéos de vacances, et vous pouvez même diffuser vos propres versions modifiées, à condition de citer vos sources ;). Ainsi, grâce à la culture libre, vous pouvez écouter, voir, utiliser, prêter des morceaux de musique, des films… car leurs auteurs l’ont bien voulu : pas d’abonnement, de publicité, de risques de contrefaçon, etc. Le paradis des communs. Mais une fois qu’on a compris cela, encore faut-il savoir où trouver ces fameuses ressources libres !

Dans le domaine musical, les sites comme www.dogmazic.net, whoo.fr, www.jamendo.com vous permettront de découvrir plus de 40 000 nouveaux artistes, de construire vos listes de lectures, et de télécharger des œuvres au format mp3, format qui est, depuis avril 2017, devenu… libre de droits.

Il existe aussi maintenant une radio dédiée à la culture libre, qui se nomme Libre à Toi et qui diffuse uniquement des contenus réalisés avec des logiciels libres, ainsi que des musiques sous licence « Creative Commons ». Cette fabrique de Communs a été sélectionnée le 8 mars 2017 par le CSA pour exploiter la fréquence 93.1, et nous espérons que très bientôt, elle pourra diffuser sur la bande FM parisienne sous le nom de « Cause Commune » ses émissions d’innovation sociale et d’éducation populaire autours des biens communs. Rassurez-vous, ces futures émissions seront aussi accessibles pour tous par podcasts 🙂

Pour les images, la plus grande des photothèques disponibles est celle de Wikipédia qui se nomme Wikimedia Commons. Elle revendiquait en février 2017 plus de 37 millions d’œuvres, essentiellement des photos, mais des enregistrements audio et vidéo commencent à faire leur apparition.

Dans le domaine littéraire, toutes les œuvres de nos grands auteurs sont désormais dans le domaine public. Nous vous conseillons de les redécouvrir en parcourant des sites tel que feedbooks.com, site qui permet de découvrir aussi des auteurs contemporains publiant leurs livres sans verrou numérique (DRM).

La question de la culture libre, et de l’éducation à celle-ci, est un sujet que nous avons déjà traité dans son aspect technique, dans le cadre du réemploi des ordinateurs donnés à des associations solidaires voulant mettre en place, au sein d’établissements scolaires, des salles de formation à l’informatique et à l’éducation. Alors, pour les aider à déployer ces solutions basées sur des systèmes d’exploitation GNU/Linux, nous avons réalisé ce tutoriel intitulé « Emmabuntüs : Serveur de Culture Libre » qui explique comment mettre en place une bibliothèque basée sur des données libres ePub du domaine public, et un Wikipédia consultable sans accès à Internet, afin que l’ordinateur ainsi installé puisse être utilisé dans n’importe quel lieu où seule l’électricité est présente 😉 Vous n’êtes pas obligés d’utiliser un système exploitation sur GNU/Linux pour mettre en place ces solutions, et dans ce tutoriel nous donnons accès à une CDThèque issue de Jamendo, et une bibliothèque de livres Libres au format ePub, contenant environ 300 livres issus du domaine public en français, anglais et espagnol provenant de feedbooks.

Il existe aussi des créations de culture libre dans le domaine des histoires et contes pour enfants, que nous diffusons aussi dans le cadre de nos projets pour l’éducation et en particulier dans les pays francophones. Nous vous encourageons à découvrir le petit monde libre de notre ami Odysseus Libre, les magnifiques livres jeunesse de Cyrille Largillier, et les aventures merveilleuses de « Pepper & Carrot » de David Revoy. Notre ami Cyrille Largillier a aussi élaboré une magnifique et gigantesque bibliothèque de livres de jeunesse libres et du domaine public, donc les livres sont téléchargeables individuellement ici, et la version complète .

Cette présentation ne serait pas complète si nous n’évoquions le site d’archivage d’Internet dénommé « Internet Archive » (archive.org), une « internetothèque » à but non lucratif qui a archivé à ce jour 67 millions de sites ! On y retrouve près de 4 millions de films, 200 000 concerts, près de 8 millions de livres, etc. Ce formidable site vous permet de visualiser les œuvres en ligne ou de les télécharger dans différents formats ouverts, afin de les découvrir sans être connecté à Internet !

Le mois prochain : « Comment installer Linux très simplement sur son ordinateur ? »

 

Le logiciel libre, késako?

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je suis ravi d’accueillir le collectif Emmabuntüs en tant que nouvel auteur de Miamondo. Voici donc le tout premier article signé « Emmabuntüs » accompagné d’un beau dessin de Péhä. Cet article a également été publié aujourd’hui même dans le journal  l’âge de faire. Je vous souhaite une bonne lecture.

Benoît.


peha_logiciel_libre

 

Pour bien débuter cette nouvelle saison, revenons sur la définition du logiciel libre, que certains d’entre vous confondent avec un logiciel gratuit dénommé « Freeware » ou gratuiciel. Or, on va voir que la gratuité n’est pas la principale qualité d’un logiciel libre, et que les logiciels gratuits (gratuiciels) ne sont pas nécessairement libres… Cet amalgame vient du fait qu’il y a une ambiguïté en langue anglaise autour du mot « free » qui peut signifier libre aussi bien que gratuit. Donc dans notre contexte, « Free software » se traduit par « logiciel libre » et non pas « gratuit ». D’ailleurs, un certain nombre d’anglophones utilisent désormais le vocable « Software libre » pour bien marquer la différence.

Alors pourquoi parle-t-on de liberté pour un logiciel ? Cela a plus de sens pour les êtres vivants que pour du virtuel ! En fait, il s’agit d’une liberté d’usage pour vous, pour nous, qui est constituée de 4 libertés numérotées de 0 à 3 (humour typique des informaticiens, Ndlr) par la Free Software Foundation, permettant de définir le logiciel comme libre :

0. la liberté d’exécuter le programme par vous, pour tous vos usages.
1. la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à vos besoins.
2. la liberté de redistribuer des copies du programme -ce qui implique la possibilité de donner, aussi bien que de vendre des copies. Par exemple en France, le chiffre d’affaires du logiciel libre représentait 4,5 Milliards d’euros en 2016.
3. la liberté d’améliorer le programme et de distribuer vos améliorations au public, pour en faire profiter tout le monde.

Quand le logiciel ne remplit pas ces 4 libertés, il est qualifié de propriétaire (ou de privateur) même s’il est distribué gratuitement. En l’utilisant, vous acceptez implicitement la licence, qui vous interdit de l’étudier, de le modifier, de le céder à des tiers. Il ne vous appartient pas, vous avez simplement un droit d’usage très limité.

Pour compléter la présentation du logiciel libre, voici une réflexion le concernant, proposée par Richard Stallman, qui fonda il y a 30 ans ce mouvement libertaire, ainsi que la Free Software Foundation :

« Quand les utilisateurs ne contrôlent pas le programme, c’est le programme qui contrôle les utilisateurs. Le développeur contrôle le programme, et par ce biais, contrôle les utilisateurs. Ce programme non libre, ou « privateur », devient donc l’instrument d’un pouvoir injuste. »

A partir du principe du logiciel libre, sont nés de grands logiciels que vous utilisez tous les jours, comme Wikipédia, Linux (la base, entre autres, d’Android), Firefox, LibreOffice, VLC, etc. Preuve que la liberté est gage de qualité et d’utilisation pour tous !

Le concept de la licence du logiciel libre (GPL : GNU General Public License) a aussi permis la création des formats ouverts. Avec les formats, on ne fait pas référence au logiciel global, mais à la structure même des données du logiciel, qui est donc ouvertement publiée, ceci permettant à des développeurs de créer des logiciels pour traiter ces données dans le présent mais aussi dans le futur, comme la Pierre de Rosette a permis à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Dans un format propriétaire, si l’éditeur arrête de développer son logiciel pour lire vos données, celles-ci deviennent de facto illisibles, car personne ne sait, et n’a souvent même pas le droit de savoir, comment elles sont codées 😦

Dans cet article, nous avons uniquement employé le terme logiciel libre, et non pas celui d’Open Source, que vous pouvez entendre ou lire dans les médias. Cela n’est pas une erreur de notre part, car ces deux concepts, bien que poursuivant un but similaire (celui de donner une plus grande liberté d’usage aux utilisateurs de logiciels) ont cependant une différence fondamentale qui réside dans leurs philosophies respectives. Selon Richard Stallman dont nous partageons complètement l’analyse,

«  L’open source est une méthodologie de développement; le logiciel libre est un mouvement social ».

Voici deux articles, qui vous permettrons de former votre propre opinion sur ce sujet :
Pourquoi l’expression « logiciel libre » est meilleure qu’« open source »
En quoi l’open source perd de vue l’éthique du logiciel libre

Le mois prochain dans L’âge de faire : comment trouver des ressources libres : musique, images, etc.

Collectif EmmabuntüsGPL V3
Dessin : Péhä CC-BY 2017