16. France, fille aînée de la guerre…

Peut-on s’imaginer embrasser le métier des armes avec pour seul horizon professionnel, celui de toujours s’entraîner sans jamais faire la guerre? Ou bien s’engage-t-on avec le désir inavoué d’être un jour appelé à combattre et par conséquent à se servir d’armes létales? On n’imagine pas un sportif se préparer sans jamais participer à une compétition. Cela signifie que l’armée a un besoin existentiel de faire la guerre. C’est sa raison d’être. Les généraux chinois en sont bien conscients. Ils n’hésitent pas à mettre en doute les capacités opérationnelles de leurs forces armées frappées, selon eux, par la maladie de la paix (sic!). Il faut dire que le dernier coup de feu a été tiré il y a quarante-quatre ans contre le Vietnam. Depuis, plus rien…

La paix est donc une maladie et la seule façon de s’en prémunir, c’est de faire la guerre. Nous avons tort de croire que celle-ci se résume à un affrontement conventionnel entre deux armées. La guerre est partout. Elle prend souvent le nom de compétition. Mais cela ne change rien à sa nature. Elle est au cœur de nos familles, dans les cours de récréation, dans les notes données aux écoliers, dans les matchs de foot ou de rugby, dans les courses cyclistes, dans la vie politique. Elle imprègne notre tissu économique… Notre planète est un champ de bataille parsemé de tranchées. La guerre est fille de la violence. Tapie au fin fond de notre ADN, elle se charge de ne jamais nous laisser en paix. Nous sommes capables de définir par des mots, n’importe quel concept religieux philosophique ou politique, à l’exception d’un seul… celui qui est le contraire de la violence. Il n’existe tout simplement pas de mot pour traduire ce dernier. Nous sommes contraints d’utiliser le terme doublement négatif de non-violence devenu petit à petit synonyme de soumission. Tout le monde revendique ce concept vide de toute substance. Mais le fait est que nous ne sommes tout simplement pas en mesure de donner une définition précise de la force qui annihile la violence. Notre ADN n’a pas été programmé pour cela. C’est comme si on demandait à notre cerveau de se représenter une sphère à quatre dimensions spatiales. C’est impossible. Nous pouvons nous représenter un cercle (figure à deux dimensions), une sphère (figure à trois dimensions), mais nous ne pouvons pas aller au-delà.

La guerre est acceptée par toutes les religions et tous les partis politiques, si bien qu’on ne se pose jamais la question de savoir s’il est moral de laisser nos enfants et nos adolescents jouer avec des répliques de fusils d’assaut, que ce soit dans notre réalité ou bien dans celle d’un jeu vidéo. Ce qui choque en revanche, c’est le « genrage » des jeux qui empêche les petites filles de jouer à la guerre. Mais ce n’est pas le fait qu’elles veuillent jouer à la guerre. Même chez les écologistes, porte-drapeaux autoproclamés du progressisme, il n’y a pas de remise en cause de la guerre et pas non plus d’interrogation sur cette violence qui nous imprègne. Nous n’avons pas été programmés pour cela. Les ventes d’armes sont parfaitement acceptées. Nous savons pourtant que les rafales que nous écoulons ne vont pas se contenter de faire des loopings dans des meetings aériens. Des milliers d’ingénieurs ont travaillé sur ce bijou de technologie, lequel a fini par s’imposer à l’export après avoir fait la preuve de ses capacités létales. La France, qui détient le plus grand nombre de victoires militaires au monde, a pris goût à la guerre, à tel point que presque tous ses présidents se sentent obligés, durant leur mandat, de sortir la phrase qui met tout le monde au garde-à vous :

Nous sommes en guerre.

Elle a le mérite de tuer l’opposition et de rassembler la nation autour du chef suprême. La France est le seul pays dans l’histoire de l’humanité, qui a déclaré la guerre à un virus. L’avancée ou le recul des forces coronavirales était analysée non pas dans un conseil sanitaire, mais dans un conseil de défense. Il existe un pays mort du militarisme. C’est la Prusse, dont la disparition a été définitivement actée en 1946. L’état de décomposition de la France est tel que certaines nations qui la constituent se préparent déjà à mettre à l’eau les chaloupes. C’est le cas de la Corse et de la Bretagne. Mais d’autres suivront… Et la France, malade de sa violence, obsédée par la guerre, coupée de ses sources spirituelles, entrera à jamais dans l’histoire. Elle rejoindra le panthéon des nations disparues, pour lesquelles des millions d’hommes ont sacrifié inutilement leur vie et dont les noms ont déjà commencé à s’effacer des monuments aux morts. La France va disparaître, faute d’offrir au monde un projet universel porteur de vie. La France va disparaître car elle n’a plus aucune raison d’être.

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