Bientôt une République de Vendée?

Hier, l’annonce du ministre de l’intérieur concernant un éventuel statut d’autonomie octroyé à la Corse m’a beaucoup surpris, tout comme la relative indifférence qui a accueilli ces propos. Pourtant, nous sommes peut-être à l’aube d’un changement politique majeur qui signera la mort de l’état jacobin et viendra couronner un processus de décentralisation entamé il y a plusieurs décennies.

Ce processus a été initié par la Corse. Il est malheureusement entaché à jamais par le lâche assassinat du Préfet Érignac. Mais il faut savoir dépasser cette violence et emprunter le chemin du pardon, car c’est la seule arme qui apporte la paix sans causer d’effroyables malheurs. Il faut également se plonger dans l’histoire du peuple corse et reconnaître qu’en politique, celui-ci a souvent compris avant les autres. La Corse est la patrie d’un certain Pascal Paoli. Ce monsieur est à l’origine de la première constitution démocratique au monde, en l’occurrence la constitution corse, celle qui institua la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Ce n’est pas rien! Pascal Paoli est moins connu que son illustre compatriote, Napoléon Bonaparte. Son ambition n’était pas de mettre l’Europe à feu et à sang mais de contribuer au bonheur de son île et de ses habitants. Pascal Paoli était assurément un grand homme dont l’œuvre multiforme est injustement méconnu sur le continent.

Revenons au sujet principal de cet article: l’autonomie politique. Est-il besoin de le rappeler? La devise de la France, inscrite au fronton de chaque mairie, est Liberté, ÉGALITÉ, Fraternité. Par conséquent, il n’est pas envisageable de refuser à une entité politique, ce que l’on accorde à une autre, à moins de considérer notre belle devise comme des paroles en l’air. L’autonomie c’est quoi au juste? C’est un système politique qui octroie à un territoire ou à une nation, des pouvoirs très étendus dans les domaines de l’éducation, du budget et de l’organisation administrative. L’état ne conserve plus que les fonctions régaliennes, notamment la diplomatie, la défense, un corps de police fédéral et éventuellement le pouvoir de battre monnaie. Tout le monde y trouve son compte! L’État fédéral, réduit au minimum, peut se concentrer sur les prérogatives qui lui restent et contribuer au rayonnement culturel du pays et de sa langue, tandis que les territoires autonomes, proches de leurs habitants et bien au fait des réalités du terrain, sont en mesure de mener des politiques directes et adaptées aux spécificités locales. L’administration y gagne en efficacité et les administrés ont confiance en leurs élus car ils ont partagé les mêmes bancs d’école.

Si on accorde une large autonomie à la Corse, il n’y a aucune raison de la refuser à une éventuelle République Fédérée de Vendée si tel est le choix de ses habitants. Concernant des modifications de frontières régionales ou départementales, elles doivent forcément être le fruit d’un processus démocratique clairement défini. Il n’est pas question de démanteler les Deux-Sèvres, le Maine-et-Loire et la Loire-Atlantique sans que les populations et les collectivités locales qui seraient concernées par ce changement, aient leur mot à dire. Les modifications de frontières sont toujours un sujet de grande frustration chez ceux qui ont le sentiment d’avoir été vaincus. À titre personnel, je préférerais que nous conservions les tracés actuels.

Les frontières doivent rester des ponts qui nous invitent au voyage… Et le plus beau des voyages, c’est toujours celui qui nous conduit vers l’autre, l’être humain qui est notre semblable dans toute sa différence.

Benoît

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