Notre Univers est une bulle de vie et de mort, ces deux états étant inséparables. Mais quelle forme peut-il bien avoir ? Pourquoi ne parvenons-nous pas à le modéliser dans notre esprit? Nous pouvons simplement supposer que pour contenir des éléments en trois dimensions spatiales, il doit lui même posséder une dimension supplémentaire. Notre espace-temps est peut-être une hypersphère à quatre dimensions spatiales. Mais à quoi peut bien ressembler une telle figure géométrique ? Nous savons tous ce qu’est un cercle. Sa définition nous est familière. Il s’agit d’une figure géométrique en deux dimensions spatiales, dont la particularité est d’être composée de tous les points situés à égale distance d’un point nommé centre, dans un plan. Vous pouvez en créer un très facilement à l’aide d’un compas. Nous savons tous ce qu’est une sphère. Il s’agit là encore d’une forme géométrique composée de tous les points situés à égale distance d’un point nommé centre, mais cette fois-ci dans un espace tridimensionnel.

La sphère est une figure géométrique que l’on retrouve partout dans notre univers, à commencer par notre planète. Elle est absolument fascinante car bien que sa surface soit fermée, elle est sans bord ! c’est-à-dire que rien ne nous empêche de toujours nous diriger droit devant. La surface d’une sphère n’a pas de bord et pourtant, sans l’aide d’un engin spatial, il est impossible de nous en évader. Nous sommes en liberté dans une prison sans barreaux et sans murs d’enceinte ! Si nous étions en deux dimensions et que nous vivions sur le bord extérieur d’un cercle, ce serait la même chose. Nous pourrions toujours nous diriger droit devant, sans pour autant pouvoir quitter le cercle.

Notre pouvons penser que notre Univers est une sphère et que nous vivons à l’intérieur de cette dernière. Mais si c’était le cas, cela signifierait que nous pourrions atteindre son bord extérieur. Cela signifierait également que la Lune ou la planète Mars seraient plus ou moins enfoncées que la Terre par rapport à un point central de référence. Or, tout comme la surface d’un cercle ou d’une sphère, notre univers n’a pas de point central de référence… Quel est le centre de la surface de la Terre ? Washington, Caracas ou Mesnard-La-Barotière ? Nous sommes incapables de répondre. Et quel est le centre de notre Univers ? Là encore, impossible de répondre.

Si notre Univers n’a pas de point central de référence, c’est peut-être parce que nous vivons à sa surface, et que celle-ci est fermée et sans bord. Les galaxies, les planètes, les étoiles, les astéroïdes, tout ce que nous connaissons est prisonnier de la surface d’une hypersphère, figure géométrique spatio-temporelle que nos sens sont incapables de conceptualiser, faute de vivre à l’extérieur et d’en avoir une vision globale. Tout ce que nous voyons, c’est une surface. Pour rejoindre la Lune, les astronautes du programme Apollo se sont déplacés à la surface de notre Univers ! Ils ne se sont pas enfoncés vers la Lune ! Tout comme la voiture qui sert à se déplacer à la surface de notre planète, la fusée Saturn V a servi à se déplacer à la surface de notre Univers, tout simplement. Pourquoi les planètes sont-elles sphériques? Parce que si elles étaient en forme de cube, elles resteraient immobiles à la surface du cosmos. Elles ne pourraient pas se déplacer autour du soleil.

Revenons à notre première figure, en l’occurrence le cercle. Si nous empruntons le chemin appelé diamètre, nous nous enfonçons à l’intérieur de l’objet géométrique, et cet intérieur est fermé par un bord qui est la circonférence du cercle. Contrairement à cette dernière, l’intérieur n’est pas un objet fermé et sans bord. Il est délimité par la circonférence. Continuons notre chemin, nous arrivons de l’autre côté beaucoup plus rapidement que par la circonférence. C’est normal, le diamètre est beaucoup plus court. Une fois dehors, si nous marchons sur le fil ténu de la circonférence, quelle que soit notre direction, nous finirons immanquablement par arriver à notre point de départ.

C’est la même chose pour une sphère. Si, à l’instar du Professeur Lidenbrock, personnage créé par Jules Verne, nous nous enfonçons dans les entrailles de la Terre en empruntant la cheminée volcanique du Snæfellsjökull, et que nous suivons scrupuleusement le chemin de randonnée appelé diamètre, nous entrerons dans un objet fermé dont le bord est la surface. Alors la question qu’on peut se poser est la suivante : est-il possible de descendre à l’intérieur de notre Univers ? Est-il possible de rejoindre plus rapidement un point de la surface de notre hypersphère situé à l’autre extrémité du chemin appelé diamètre? Où sont les volcans spatiotemporels qui nous permettraient de nous lancer dans une pareille aventure ? Est-ce que ce sont les trous noirs ? Et qu’y-a-t-il à l’intérieur de notre Univers. Que trouvera-t-on dans ses entrailles si nous avons un jour la possibilité d’effectuer ce voyage ? Dans la mythologie grecque, le Royaume d’Hadès, également appelé les Enfers, est l’endroit où séjournent les âmes après la mort. Les Enfers sont circonscrits par le Royaume de la Nuit, lequel s’étend peut-être jusqu’a la surface de notre univers.

Quel que soit la forme géométrique de l’univers, Nous avons toujours l’impression que nous pouvons évoluer sans contrainte dans trois dimensions spatiales. Nous pouvons avancer, faire demi-tour, tourner à droite puis à gauche… Elles ne sont pas un carcan mais un espace de liberté. À contrario, nous avons le sentiment que nous subissons le temps. Notre existence est prisonnière de cette dimension dont l’unique mission, nous semble-t-il, est de nous accompagner jusqu’à la mort. Le temps est un tapis roulant unidirectionnel dont la vitesse augmente de plus en plus et que nous ne pouvons pas prendre à contre-sens. Notre ressenti est que la dimension du temps, contrairement aux trois dimensions spatiales, n’est pas multidirectionnelle. Mais arrêtons-nous un instant et prenons le temps de réfléchir… Est-ce que les trois dimensions spatiales sont vraiment multidirectionnelles? Je n’en suis pas convaincu. J’ai le sentiment qu’à l’instar de la dimension temporelle, elles sont unidirectionnelles. C’est le fait que nous nous déplacions sur la surface fermée et sans bord d’une sphère, qui nous donne cette impression de multidirectionnalité. Nous pensons que nous pouvons revenir en arrière mais en fait, nous nous déplaçons toujours vers l’avant. Nous n’avons pas besoin de marche arrière puisque la surface sur laquelle nous évoluons est fermée et sans bord. Si j’ai oublié mon portefeuille à la maison, je fais un demi-tour et je reviens sur mes pas mais toujours en marche avant. Je ne rembobine pas la séquence! Curieusement, mon demi-tour est une marche avant, pas une marche arrière. Je sais que c’est difficile à conceptualiser mais avec un peu d’effort, on y parvient.

Vous allez me rétorquer qu’il y a tout de même une différence entre l’espace et le temps puisque lorsque nous sommes plongés dans les bras de Morphée, nous ne nous déplaçons pas. Les dimensions spatiales sont donc neutralisées, mais pas la dimension temporelle qui continue sa route. Le temps ne dort jamais… Nous nous couchons à vingt-deux heures pour nous réveiller à sept heures. Ce raisonnement est faux. Lorsque nous dormons, nous sommes en mouvement. Même au fond de notre lit, nous nous déplaçons autour du soleil. Et Dieu merci, il nous est impossible d’arrêter la révolution de notre planète-mère, sous peine de voir cette dernière précipitée vers le Soleil avec tout ce qu’elle porte. Il n’y a donc aucune différence avec la dimension temporelle. Les dimensions spatiales se comportent de la même manière. elles ne connaissent que le mouvement.

Nous sommes toujours en mouvement, et c’est parce que nous sommes toujours en mouvement que le temps s’écoule de  (t-Alpha) à (t-Omega). Si toutes les structures de notre cosmos s’arrêtaient de tourner autour de leur axe respectif (les satellites autour de leur planète, les planètes autour de leur soleil etc…), est-ce que le temps s’arrêterait? Oui, car ce dernier est lié aux trois dimensions spatiales. L’une d’entre elles ne peut pas être à l’arrêt alors que les autres sont en mouvement. C’est comme un corps. Si vous voulez vous déplacer, vous avez besoin de vos deux jambes. Sans le mouvement synchrone de toutes ses dimensions, le cosmos se fige dans un état d’éternité. J’aime bien la métaphore du DVD car elle nous explique clairement le fonctionnement de notre univers. Imaginez un instant que vous êtes Dieu et que vous vous êtes amusé à coder et graver votre propre univers sur un DVD. Lorsque vous appuyez sur la touche Lecture de votre DVD-Univers, celui-ci se met à tourner. Il tourne du point temporel  au point temporel tΩ, déroulant une histoire. Le DVD tourne encore et toujours et si vous décidez d’appuyer sur la touche Stop, l’univers que vous avez gravé ne disparaît pas mais il se transforme ou plutôt, il redevient un support de stockage d’informations inertes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Si vous arrêtez le mouvement, vous arrêtez le temps…

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