L’eurovision raconte l’histoire de l’Europe

Deux responsables politiques ont décidé de shunter la frileuse Allemagne pour redonner à l’Europe un nouveau souffle. Ces deux dirigeants sont Mario Draghi, Président du conseil italien et Emmanuel Macron, célèbre youtuber Président de la République Francaise.

Ils vont bientôt signer un traité d’amitié inspiré du traité de l’Élysée conclu entre la France et l’allemagne en 1963. Or, je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais l’Italie a remporté la dernière édition, et la France a terminé deuxième. Étrange coincidence… Du coup, j’ai décidé de m’intéresser à l‘Eurovision, et vous allez vous rendre compte que ce concours raconte l’histoire de l’Europe et de ses rapports de force. Prenez le temps de lire cet article. Tout commence le 24 mai 1956 avec la première édition qui voit concourir sept pays : l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. Or, à l’exception de la Confédération Helvetique, tous les autres pays sont les membres fondateurs de la Communauté Économique Européenne, laquelle voit le jour en 1957. L’Eurovision et la CEE partageaient le même objectif : rapprocher des peuples qui s’étaient entretués une décennie plus tôt.

Cela se passait au siècle dernier. Les Français chantaient en français et même les Néerlandais faisaient l’effort de chanter dans leur idiôme national pourtant particulièrement guttural. En 1956 et en 1958, il n’y eut aucune chanson interprétée en anglais. Mais cinquante ans plus tard, en 2008, toutes les chansons des pays admis en finale étaient en anglais, y compris la chanson du candidat français dont par charité, je tairai le nom car je n’ai pas du tout envie de vous dire qu’il s’appelait Sébastien Tellier. Ce fut le seul acte de capitulation des Français. C’était la grande époque du French bashing, le point culminant de la domination culturelle et économique anglo-saxonne. Les Français étaient ringardisés et semblaient s’être définitivement installés au fond du classement. Tout le monde se foutait de leur gueule. Le triomphe de l’anglais à l’Eurovision est bien évidemment politique. Il trouve son origine à Berlin en 1989, lorsque le mur s’est effondré, entraînant avec lui tous les régimes communistes d’Europe de l’Est. L’Occident, plus particulièrement le monde anglo-saxon, avait gagné la guerre froide. C’était la fin de l’histoire pensait-on alors. Chanter en anglais était le summum de la modernité. C’était global, c’était kiss cool.

La décennie 2010-2020 a vu le triomphe de la puissante Allemagne et de sa vision de l’Europe qui n’est pas bien compliquée à comprendre : Nous sommes les plus puissants. Notre économie est florissante. C’est nous qu’on est le chef de l’Europe. Même si elle est coupable d’avoir dilapidé tout son argent aux terrasses des cafés, la Grèce a été martyrisée et humiliée… Et je pense qu’elle n’oubliera pas que la nation qui lui a fait la morale, est un pays qui s’est retrouvé en défaut de paiement à trois reprises au cours du XXe siècle! En outre, l’Allemagne n’a toujours pas remboursé un prêt de 476 millions de Reichsmarks contracté de force auprès de la banque de Grèce. Le projet européen défendu par l’Allemagne est un échec. Ce pays serait bien avisé de s’occuper plutôt de ses retraités obligés de fouiller les poubelles à la recherche de bouteilles consignées, pour améliorer leur misérable rente. Il serait bien avisé aussi de retrouver les armes et les munitions subtilisées par des militaires d’extrême-droite en vue du grand jour. Je ne suis pas persuadé que la décennie 2020-2030 soit celle de l’Allemagne, et je ne l’espère pas. Du reste, ça ne commence pas très bien. Au concours de l’Eurovision 2021, avec une chanson en anglais qui ne casse pas trois pattes à un canard, elle a terminé à l’avant-dernière place. Pour la prochaine édition, je lui conseillerais de s’adresser directement à Rammstein. Avec eux, on n’est jamais déçus… choqués, oui, mais jamais déçus.

Le Royaume-encore-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande-encore-du-Nord traverse avec le Brexit, des moments particulièrement difficiles. On ne va pas tirer sur l’Ambulance. Le pays a fini dernier. Ni les jurys nationaux ni les téléspectateurs ne lui ont attribué le moindre point. 0 + 0 = la tête à Toto ! Le pauvre James Newman devait être en train de fumer une clope dehors lorsqu’on est venu le chercher pour lui dire que le générique était lancé et qu’il fallait qu’il rejoigne la scène immédiatement. Il n’a même pas eu le temps d’enlever son blouson. C’est pas la grande forme chez nos amis britanniques.

Quels enseignements peut-on tirer de cet Eurovision 2021 exceptionnel. Il consacre le déclin anglo-saxon et l’aveuglement allemand. Il signe le grand retour des chansons interprétées en langue nationale à tel point que chanter en anglais va devenir ringard, si ça continue. Enfin et surtout, la décennie qui vient sera celle de l’Europe gréco-latine. Emmené par le nouveau couple franco-italien qui ne cesse de se chamailler mais qui est malgré tout inséparable, l’Europe va probablement changer de visage et se resserrer autour d’un noyau dur de pays désireux de lui donner un véritable projet politique. L’Europe, ce n’est pas une monnaie, c’est une culture qui ne doit jamais oublier où elle est née… sur les rives de la Méditerrannée.

Et nous allons bien évidemment terminer en musique avec Cocaine, une célèbre chanson d’Éric Clapton Maneskin qui a bien mérité sa victoire! J’adore! J’écoute en boucle. Bravissimo!

Source de l’image illustrant l’article : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Maneskin_2019.jpg

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