Les deux chemins qui s’offrent à l’humanité (1)

Premier chemin : Mars la rouge

Une image résume à elle seule toute la misère intellectuelle, philosophique et culturelle de l’Occident. Voilà donc où nous en sommes rendus:

Qu’il est loin le temps des lumières… Cet énergumène affublé d’une improbable coiffe de viking se fait appeler Qanon Shaman. Il a participé à l’assaut sur le Capitole et a même posé pour la postérité, sur le dais du Sénat. Chapeau bas, l’artiste! Le mentor de Qanon Shaman ne s’appelle ni Jésus, ni Bouddha. Il s’appelle Q, ce qui dans notre belle langue française peut donner lieu à toutes sortes de gauloiseries. Personne ne sait quel mystérieux personnage se cache derrière cette lettre. Il est en tout cas, la divinité anonyme qui inspire nombre de partisans de Donald Trump, président déchu d’un pays qui se laisse glisser vers la guerre civile. Les Américains n’ont pas fait l’acquisition de millions de fusils d’assaut pour descendre des tourterelles.

Je n’ai jamais cru à la thèse de l’accident de l’histoire. Adolf Hitler était le dirigeant que les Allemands ont voulu se donner. Et pour ce faire, ils ont pris le temps de le façonner. Ce n’était pas un extraterrestre débarqué d’un autre système planétaire. Encore aujourd’hui, dans une frange de la population qui n’est pas négligeable, il jouit d’une certaine sympathie. Le national-socialisme a profondément imprégné l’Allemagne mais personne ne vous le dira… Ces choses-là, ça ne se dit pas.

Donald Trump ne peut pas être comparé à Hitler en terme de déshumanisation. Cela dit, tout comme l’aquarelliste raté, sa folie manifeste ne l’a pas empêché d’arriver au pouvoir démocratiquement, et quatre ans après, il représente toujours un veau d’or pour les soixante-dix-huit millions d’Américain(e)s qui ont voté pour lui. Donald Trump est le symbole d’une société fracturée, culturellement égarée, outrancière et qui a fait allégeance aux armes. Ce n’est pas un fin lettré qui dirige encore pour quelques jours l’ex-hyperpuissance mondiale. C’est ce clown:

Je me demande jusqu’à quel point, Donald Trump est prédestiné à accomplir sa mission de destruction. Je me demande si les États-Unis d’Amérique ne vont pas connaître le sort de l’Empire d’Autriche-Hongrie et être démantelés en plusieurs nations. Que restera-t-il de ce pays qui s’était donné pour mission de convertir à ses valeurs, la terre entière? Que restera-t-il de l’Occident qui ne propose comme espérance, qu’un libéralisme dérégulé associé à une finance déshumanisée? Sans doute des ruines et des millions de victimes…

Faut-il pour autant sombrer dans un pessimisme autodestructeur? Et si l’humanité choisissait plutôt la résurrection en empruntant simultanément deux chemins totalement différents mais qui, au bout du compte, pourraient s’avérer complémentaires?

Premier chemin: Mars la rouge

Les États-Unis d’Amérique ont donné la possibilité à un personnage excentrique de laisser libre cours à une certaine forme de créativité dans le domaine des affaires. Je veux parler d’Elon Musk. L’une des ambitions de ce Sud-Africain de naissance est de fonder sur la planète Mars, à l’horizon 2050, une cité indépendante d’un million de colons. Elon Musk est l’homme le plus riche du monde. Il a dépassé Jeff Bezos, patron d’Amazon, dont l’unique ambition est de vendre tout ce qui peut être vendu. Jeff Bezos est un pur produit de l’ancien monde. Personne n’a jamais osé lui dire qu’à sa mort, il se couchera dans son cercueil avec pour toute richesse, un slip, une paire de chaussettes, un pantalon et une chemise. Tous les autres biens resteront ici-bas. En ce qui concerne la fortune d’Elon Musk, elle est estimée à 188 milliards de dollars. Mais contrairement à son compatriote qui accumule l’argent à la manière de Picsou, l’objectif déclaré du Sud-Africain est de tout claquer pour pouvoir réaliser son rêve de conquête martienne. Est-il fou ou visionnaire? Sans doute un peu les deux. Mais en tout cas, il a compris que l’argent n’a de la valeur que lorsqu’il est dépensé à bon escient, et surtout, il nous offre la possibilité de traverser une nouvelle frontière, pour fonder sur des territoires « où la main de l’homme n’a jamais posé le pied », une société post-humaine régie par des lois qui lui seront propres. En outre, la colonisation de Mars permettra enfin à l’humanité de ne plus avoir tous ses oeufs dans le même panier.

La planète Mars deviendra un territoire parcouru et terraformé par d’intrépides colons, tandis que la Terre, secouée par des conflits civilisationnels de grande ampleur, continuera de s’enfoncer dans l’obscurantisme d’un nouveau moyen-âge.

Drapeau martien fait par mes soins

J’ai le sentiment que les premiers colons martiens deviendront aussi les premiers transhumains. Faut-il s’en réjouir? Je n’ai pas d’avis sur la question. J’imagine simplement que l’environnement de la planète rouge ne va pas leur laisser le choix. Question de survie. À l’être humain tel que nous le connaissons aujourd’hui, va succéder une entité biodigitale dont les sens auront été augmentés. La pesanteur n’est pas la même que sur Terre. L’air, constitué de dioxyde de carbone, est irrespirable. Ce n’est pas Mars qui va s’adapter à l’être humain, c’est l’être humain qui va s’adapter, en se transformant lui-même ou en terraformant son environnement. Tout ceci ne se fera pas du jour au lendemain mais au bout du compte, la planète Mars deviendra habitable et à plus ou moins long terme, il sera difficile de déterminer si ses habitants sont encore des êtres biologiques ou bien déjà des machines capables de se reproduire.

La différence femme/homme aura disparu depuis bien longtemps et il n’est pas impossible que la mort ne soit plus qu’un mauvais souvenir, une maladie auto-immune que l’on aura longtemps cru incurable. Le jour où les Martiens auront trouvé le moyen de numériser leur conscience sur un support de stockage externe et de le placer bien à l’abri dans une forteresse située au Pôle Sud, alors la dégénérescence des cellules deviendra bien inoffensive. Quand viendra le moment de remplacer un corps devenu obsolète et qui n’acceptera plus les mises à jour, alors un transfert de conscience dans un modèle plus récent, pourra être effectué.

Cette conscience devenue potentiellement immortelle et les souvenirs qu’elle contiendra, deviendra le dernier lien d’humanité qui unira encore les Martiens à leur berceau terrien. Quelle sera la place de Dieu dans un monde qui n’aura plus à craindre le néant?

Deuxième chemin

La suite dans le prochain article…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s