Le jour où notre planète s’est révoltée

Il n’y a rien de surnaturel dans cette pandémie de Covid-19. Au contraire, tout a été froidement calculé et préparé. Il ne s’agit pas d’une guerre qui a été déclarée contre l’espèce humaine, mais d’une contre-offensive qui s’inscrit dans un acte de légitime défense. Je ne crois ni en la théorie du virus échappé d’un laboratoire chinois ou américain, ni en la théorie du virus introduit par Dieu.

J’ai le sentiment que pour une raison qui échappe à notre entendement, nous vivons déjà confiné(e)s dans une sorte de forteresse de l’espace-temps. À l’intérieur de celle-ci, conformément à la volonté de Dieu, nous sommes libres et par conséquent responsables de tous nos actes. Ce qui nous échappe, c’est la raison de notre confinement. Mais lorsque ce mystère sera levé, nous accéderons à l’éternité, c’est-à-dire à la vie hors de l’espace-temps.

En attendant ce jour, notre magnifique cellule s’appelle la Terre, troisième planète du système solaire. C’est elle qui nous porte et qui assure notre subsistance. Nous ne manquons de rien. C’est un lieu merveilleux dont la beauté nous permet de supporter notre réclusion. Et pourtant, cela ne nous suffit pas. Nous n’avons pas pris conscience du fait que nos conditions d’incarcération sont exceptionnelles. Nous aurions pu être jeté(e)s dans un cachot humide, sans lumière et sans chaleur. Au lieu de cela, nous vivons à la surface d’un astre où la faune et la flore sont d’une richesse infinie.

L’avènement de la civilisation industrielle  a précédé de peu notre entrée dans l’âge du polymère. Cet événement a marqué le début d’une guerre contre notre planète et l’écosystème qu’elle porte, une « drôle de guerre » que nous n’avons jamais déclarée et dont les générations qui nous ont précédés, n’avaient pas pris la mesure. Aujourd’hui, cette ignorance n’est plus de mise. Depuis au moins deux décennies, nous savons que nous infligeons des dégâts considérables à notre écosystème. Nous discernons que le capitalisme financier va détruire notre monde et tout ce qu’il porte. Continuer à exploiter les ressources comme si de rien n’était, s’apparente à un crime contre l’humanité car nous condamnons nos descendants.

Le Covid-19 arrive à point nommé pour paralyser notre système. Contrairement à la supergrippe du Fléau, le roman de Stephen King, le coronavirus ne tue pas 99,4 % de l’espèce humaine, mais son imprévisibilité (symptômes bénins ou insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation artificielle) provoque un sentiment de grand désarroi. Quel sera mon sort si je suis contaminé? Est-ce que je n’aurai aucun symptôme, ou bien vais-je mourir seul dans une chambre d’hôpital, branché à un respirateur?

Qui a conçu ce virus? Si ce n’est ni Dieu ni l’être humain, est-ce que ce pourrait être notre planète? Peut-on concevoir que cette dernière soit un organisme vivant doué d’intelligence? C’est une question qui me taraude depuis plusieurs années. Suis-je le seul à me la poser? Je me demande si dans les tréfonds mystérieux de la Terre, bien en deçà du manteau extérieur, le noyau ne renfermerait pas un immense cerveau capable de mettre en mouvement cette architecture sphérique d’une extrême complexité et de réguler d’éventuels dysfonctionnements. Or, comme je l’ai dit dans un paragraphe précédent, il se trouve que le capitalisme financier a provoqué un déséquilibre majeur susceptible à très court terme, de transformer la Terre en astre stérile. On peut dès lors très bien s’imaginer que le système immunitaire de notre planète ait déclenché un mécanisme d’autodéfense afin d’éliminer les métastases humaines qui la ronge. Pour nous, le Covid-19 est un virus. Mais pour notre planète, il s’agit sans doute d’un traitement. Du reste, le terme Covid-19 ressemble plus à un nom de médicament qu’à celui d’un virus.

Compte tenu du taux de létalité du virus, il ne me semble pas que notre planète se soit fixée comme objectif de nous éradiquer. Il s’agit plutôt de nous forcer à nous arrêter, pour que nous prenions conscience de notre folie suicidaire. Et cette stratégie fonctionne. La pollution s’estompe avec une telle rapidité que pour la première fois depuis 30 ans, l’Himalaya est visible à deux cents kilomètres. Comment croire qu’il s’agit d’un simple hasard lorsque 2019 a été l’année où nous avons véritablement pris conscience du degré de destructions infligées à notre environnement, sans que nos gouvernements osent mettre un terme à cet écocide? Quel chef d’état aurait eu l’audace de dire un beau matin: « Stop! À partir d’aujourd’hui vous avez quartier libre. J’ai décidé d’arrêter les usines jusqu’à nouvel ordre. Seuls les biens nécessaires à notre subsistance continueront d’être produits. J’inaugure une nouvelle ère, celle de la décroissance. » Celui ou celle qui aurait osé prendre cette décision aurait été immédiatement destitué(e) et interné(e) en hôpital psychiatrique.

Dans les livres d’histoire, on se souviendra que c’est un organisme invisible à l’oeil nu qui a mis l’humanité au tapis. On se souviendra qu’en Mars 2020, la Terre s’est révoltée et nous a envoyé non pas son fils mais un virus.

Texte achevé le 12 avril 2020, jour de Pâques qui célèbre chez les chrétiens, la résurrection du Christ.  

2 commentaires sur « Le jour où notre planète s’est révoltée »

  1. Bonjour,
    Je trouve votre réflexion intéressante mais permettez que je vous partage la mienne en échange et en contradiction.

    Si ce virus s’inscrivait comme vous le supposez dans un acte de légitime défense, pourquoi touche-t-il essentiellement les personnes âgées, vulnérables et ayant des besoins qui coûtent peu à la planète, qui plus est ? Je viens de perdre ma maman, résidente en EHPAD, à cause de cette maladie, mais elle avait déjà des vulnérabilités et handicaps antérieurs. Par la même occasion, j’ai attrapé aussi le Covid-19 et n’ai ressenti guère plus qu’un rhume. Quelle « entité » serait assez lâche pour faire mourir des personnes sans défense et ne faire qu’égratigner des plus jeunes ? Non, ce virus n’est pas si imprévisible, même si à âge ou condition de santé égaux, certains s’en tirent mieux que d’autres.

    Si l’organisme vivant que pourrait constituer notre Terre (que d’aucuns appellent Gaïa) était si intelligent, il aurait permis l’éradication définitive de quelques malfaisants pour lui, tels que Trump ou Bolsonaro. Malheureusement pour la Terre et pour nous, ce ne fut pas le cas, et les « métastases humaines » industrialo-politico-financières dirigeantes sont toujours en vie, probablement pour le pire. Un virus créé avec un sens plus aigu du discernement ne les aurait pas épargnés. La Terre ne peut pas prétendre être comme la « Pandora » d’Avatar.

    Et pourquoi maintenant et pas avant ? Pourquoi n’avons-nous rien appris des virus précédents ? Pourquoi la peste, la grippe espagnole, etc. n’ont pas permis à l’Homme de réfléchir et de s’amender ? Si la Terre devait réagir, il lui faudrait créer quelques électrochocs plus sérieux : pourquoi pas déclencher un supervolcan, par exemple, comme celui de Yellowstone ou ceux de l’Asie du Sud-Est ? Elle en a largement les moyens et ils pourraient constituer de superbes coups de semonce.

    Il est amusant que de constater que c’est dans la fable « Les Animaux malades de la peste » que l’on trouve deux phrases que l’on pourrait rapprocher : « Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés »… « selon que vous soyez puissant ou misérable »… Ma mère, qui a pour point commun avec la Reine Elizabeth de partager le même âge, n’a elle jamais eu la chance de s’asseoir sur un quelconque Trône (à part celui auquel vous pensez !). Mais si cela avait été le cas, elle eût disposé d’un étage entier d’hôpital et de médecin(s) personnel(s) pour ses soins, ce qui n’aurait pas été sans conséquences sur sa santé et sa longévité.

    Neuf mois se sont écoulés depuis que vous avez écrit votre texte et force est de constater que la pollution a repris son cours, la consommation de plastique a explosé, les décisions prises sur le climat sont des mesurettes. La forêt ne brûle peut-être plus en Amazonie ou en Australie, mais si c’est le cas, ces nouvelles sont éclipsées par l’urgence du Covid-19.

    Cependant votre idée de réclusion dans une prison dorée ou un paradis terrestre me plaît, mais pourquoi ne pas envisager la vie sur cette planète comme le stade le plus bas d’un monde fait de réincarnations successives ? La mentalité des êtres humains étant ce qu’elle est, il est possible que ce Paradis ait été offert à des entités véritablement capables de le/la transformer en enfer. Si nous sommes ici, c’est soit notre première vie avant de « monter en grade », soit parce que notre vie sur une autre planète a été tellement catastrophique que nous nous retrouvons incarnés dans ces créatures humaines capables de nous auto-détruire, mais aussi capables du meilleur. Une vie simple, saine et en harmonie avec autrui pourrait nous permettre de quitter ce paradis mal peuplé, cette agréable cellule partagée par d’infects co-détenus qui se croient propriétaires de leur lit (et des autres alentour), et nous réincarner dans d’autres entités plus sages dans d’autres paradis planétaires. Peut-être vaut-il mieux être une « mouche » sur Pandora qu’un être humain sur Terre…

    J'aime

    1. Bonjour,

      Merci pour votre long commentaire. Je partage votre pessimisme. Neuf mois se sont écoulés et nous n’avons pas appris grand chose. Ma vision est très personnelle mais je continue quand-même à vivre avec l’idée que le Covid-19 est un virus pour nous, et un traitement pour la planète.
      Si vous vous intéressez à la réincarnation, vous pouvez cliquer sur la couverture en page d’accueil « Voyage aux confins quantiques de la mort ». Je n’en suis qu’au début du livre mais c’est un sujet qui m’intéresse. Les dernières pages peuvent vous intéresser aussi.
      Au plaisir de vous relire

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s