La planète Archlinux (partie 4)

Sommaire

10 – Démonter et remonter les partitions
11 – Sélectionner le miroir
12 – Installer la base
13 – Configurer le nouveau système
14 – Installer le chargeur d’amorçage
15 – Redémarrage

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10 – Démonter et remonter les partitions

À ce stade de l’installation, vous pouvez très bien faire une pause-café et éteindre votre ordinateur. Mais il ne faut pas oublier de démonter les partitions au préalable. Pour cela, nous allons utiliser les commandes umount et swapoff.

Ce code est valable pour les deux variantes (BIOS et UEFI)

umount -R /mnt
swapoff /dev/sda2
  • La première commande démonte de manière récursive (-R), toutes les partitions montées sur /mnt ou sur un de ses répertoires enfants. Dans la version UEFI, C’est le cas par exemple de /dev/sda1 qui est monté sur /mnt/boot/efi.
  • La deuxième commande désactive la SWAP.

11 – Sélectionner le miroir

Lorsque la pause est terminée, il est temps de continuer l’installation. Nous rallumons l’ordinateur qui reboote sur la clé USB d’installation. Il nous faut de nouveau passer le clavier en français et monter les partitions en mode BIOS ou en mode UEFI.

Nous allons télécharger la base de notre système. Mais avant cela, nous allons éditer le fichier /etc/pacman.d/mirrorlist pour sélectionner le miroir le plus proche de nous géographiquement. Nous avons à notre disposition un éditeur de texte qui s’utilise en console et qui s’appelle nano. Voici la commande :

nano /etc/pacman.d/mirrorlist

Ce fichier se trouve donc sur la clé USB d’installation et pas sur le disque dur puisque son chemin absolu ne commence pas par /mnt.

Nous voici donc à l’intérieur d’un fichier qui contient des centaines d’adresses de serveurs disséminés dans le monde entier. Ils correspondent aux miroirs de téléchargement d’Archlinux . Moi, j’habite dans la région de Hanovre. C’est donc tout naturellement que je vais sélectionner le miroir de l’Université de Hanovre.

## Germany
Server = http://ftp.uni-hannover.de/archlinux/$repo/os/$arch

Je vais donc désactiver la connexion aux autres serveurs en remplaçant toutes les occurrences « server » par « #server ». En effet, le rajout d’un croisillon transforme la ligne en commentaire et la rend inexécutable. Le seul serveur que je ne vais pas « commenter » (puisque c’est comme cela qu’on dit), sera celui de l’Université de Hanovre.

  • C’est parti! Je presse les touches Alt + R
  • J’entre le mot Server et je presse la touche Entrée,
  • J’entre le mot #Server et je presse la touche Entrée,
  • Je modifie toutes les occurrences en pressant les touches Maj + A,
  • Je presse les touches Ctrl + W et j’entre le mot hannover avant de presser la touche Entrée. Cette opération va placer le curseur sur la ligne qui m’intéresse, à savoir le serveur de Hanovre.
  • Je déplace le curseur en début de ligne. Je supprime le croisillon, ce qui a pour effet de décommenter la ligne et de la rendre exécutable.
  • Je presse les touches Ctrl + X pour enregistrer les modifications. On me demande de confirmer par un Y(es) ou un J(a) ou un O(ui).
  • Je presse la touche Entrée. Le fichier est modifié.

12 – Installer la base

À ce stade, pensez à vérifier votre connexion au réseau:

systemctl status dhcpcd

Si cette commande vous renvoie des instructions contenant le mot inactive, rentrez ces deux commandes :

systemctl start dhcpcd
systemctl enable dhcpcd

À présent, nous pouvons passer à l’installation de base proprement dite (base et base-devel). C’est la commande pacstrap qui va s’en charger. J’en profite également pour installer dialog, une application qui affiche des boites de dialogue en console. « ço, ç’est jeust pour l’feun » comme diraient nos amis québecois. « C’po vraimint utsile! ». Mais ça va quand-même me servir au prochain épisode… 😉

pacstrap /mnt base base-devel pacman-contrib dialog

L’installation peut s’étaler sur plusieurs minutes. Vous allez voir tout un tas de lignes de commande défiler sur l’écran. Lorsque c’est terminé, nous pouvons lister /mnt et constater de visu, qu’une palanquée de fichiers de configuration a été installée avec succès sur notre tout nouveau système.

13 – Configurer le nouveau système

13.1 – Générer le fichier /mnt/etc/fstab

Maintenant, nous allons générer le fichier /mnt/etc/fstab. C’est lui qui définit comment les partitions doivent être montées. Il ne doit pas être incohérent avec notre table de partitions, sous peine de retarder considérablement le démarrage de l’ordinateur.

genfstab -U -p /mnt >> /mnt/etc/fstab

13.2 – Chrooter dans le nouveau système.

Il est venu le temps de schtroumpfer dans notre système tout frais installé. Ce n’est pas sans une certaine émotion que grâce à la commande ci-dessous, nous franchissons la porte /mnt pour nous retrouver sur notre disque dur :

arch-chroot /mnt

Vous noterez que l’invite de commande a changé, tout comme la racine du système qui n’est plus /mnt mais /.

13.3 – Renseignez le nom de votre ordinateur

Dans le fichier /etc/hostname :

echo archibald > /etc/hostname 

C’est quoi cette histoire d’écho? Que fait cette commande au juste? Eh bien echo signifie écrire. Quant au simple chevron, il signifie: dans le fichier qui suit en écrasant tout le contenu qui s’y trouve. Donc écris archibald dans le fichier /etc/hostname, après avoir écrasé son éventuel contenu. Si ce fichier n’existe pas, prière de le créer.

13.4 – Créez un lien symbolique pour choisir son fuseau horaire

  • Pour l’Allemagne :
ln -sf /usr/share/zoneinfo/Europe/Berlin /etc/localtime

Avec la commande ln -sf, nous créons le lien symbolique /etc/localtime qui pointe vers le fichier /usr/share/zoneinfo/Europe/Berlin.

13.5 – Sélectionner la langue du système

C’est ce qu’on appelle la locale. Pour la sélectionner, nous allons éditer le fichier /etc/locale.gen et décommenter, c’est-à-dire supprimer le croisillon qui se trouve au début de notre locale. Ainsi, l’instruction deviendra exécutable

nano /etc/locale.gen

Je supprime le croisillon devant fr_FR.UTF-8 UTF-8.

#fr_CA ISO-8859-1
#fr_CH.UTF-8 UTF-8
#fr_CH ISO-8859-1
fr_FR.UTF-8 UTF-8
#fr_FR ISO-8859-1
#fr_FR@euro ISO-8859-15
#fr_LU.UTF-8 UTF-8

J’enregistre avec Ctrl + X. Je confirme avec Y(es) et j’exécute la commande suivante :

locale-gen

13.6 – Configuration de la locale pour tout le système

Nous rajoutons le nom de la locale au fichier /etc/locale.conf  :

echo LANG="fr_FR.UTF-8" > /etc/locale.conf

Vous pouvez vérifier que le fichier a été correctement modifié grâce à la commande cat :

cat /etc/locale.conf

13.7 – Disposition du clavier

Vous devez bien vous douter qu’il est plus facile de travailler avec un clavier dont la disposition des touches correspond à la langue choisie. Par conséquent, nous éditons le fichier /etc/vconsole.conf de cette manière:

echo KEYMAP=fr > /etc/vconsole.conf

13.8 – Générer l’image du noyau Linux avec la commande mkinitcpio

mkinitcpio -p linux

13.9 – Définir un mot passe pour l’utilisateur root

passwd

14 – Installer le chargeur d’amorçage

Et maintenant? Est-ce qu’on peut enfin rebooter et profiter de son nouveau système d’exploitation?

Nein! Pas encore. Si vous vous arrêtez là, vous n’allez profiter de rien du tout, pour la simple et bonne raison que votre système n’est pas encore amorçable. C’est comme une gazinière qui a tout ce qu’il faut pour fonctionner (les brûleurs, les boutons etc…), sauf le générateur d’étincelles! Comment voulez-vous vous faire cuire un oeuf ?

Il faut donc installer GRUB qui est un chargeur d’amorçage (bootloader, en anglais) :

  • En mode BIOS

pacman -S grub
grub-install --no-floppy --recheck /dev/sda
grub-mkconfig -o /boot/grub/grub.cfg
  • En mode UEFI

pacman -S grub efibootmgr
grub-install --target=x86_64-efi --efi-directory=/boot/efi --bootloader-id=arch_grub --recheck
grub-mkconfig -o /boot/grub/grub.cfg

Vous noterez que pour la première fois, nous avons utilisé une drôle de commande, en l’occurrence pacman. J’en parlerai davantage au prochain épisode. C’est une commande que vous allez désormais utiliser très souvent, puisque ‘il s’agit ni plus ni moins que du gestionnaire de paquets. Grâce à elle, je viens d’installer grub et efibootmgr.

15 – Redémarrage

À présent, nous pouvons quitter le chroot, c’est-à-dire sortir du système nouvellement installé pour retourner une dernière fois dans la clé USB d’installation :

exit

Nous démontons les partitions

umount -R /mnt

Nous rebootons :

reboot

Nous n’avons plus besoin de la clé USB d’installation. Au prochain démarrage, si tout s’est déroulé comme prévu, c’est la fenêtre d’ouverture du chargeur d’amorçage qui va nous accueillir.

La prochaine étape va consister à installer tous les paquets nécessaire pour créer une distribution agréable et fonctionnelle.

Welcome home, guys! You did a fantastic job!

Commandes utilisées depuis le début de l’aventure

  • loadkeys fr-pc (passage du clavier en français)
  • ping (vérification de la connexion)
  • timedatectl (vérification de l’heure système)
  • fdisk -l (utilitaire permettant de lister les disques physiques présents dans l’ordinateur.)
  • cfdisk (utilitaire de partitionnement)
  • mkfs (commande de formatage)
  • mkswap (formatage de la swap)
  • ls (lister un répertoire)
  • mount/umount (monter/démonter une partition)
  • swapon/swapoff (activation/désactivation de la swap)
  • mkdir (créer un répertoire)
  • nano (éditeur en console)
  • pacstrap (installation de la base d’Archlinux)
  • genfstab (met à jour le fichier /etc/fstab)
  • arch-chroot (entrer dans le nouveau système)
  • echo (écrit dans un fichier >>)
  • ln -sf (création d’un lien symbolique)
  • locale-gen (générer la locale)
  • cat (visualise le contenu d’un fichier, entre autres)
  • pacman (gestionnaire de paquets)

4 commentaires sur “La planète Archlinux (partie 4)

    1. Bonjour
      Merci pour ton commentaire. Là suite est prête. Il ne me reste plus qu’à la mettre en page. Je prévois une mise en ligne en début de semaine prochaîne car les derniers tests sont positifs.
      Benoît

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