La planète Archlinux (partie 2)

Sommaire

6 – Le partitionnement

6.1 – Pourquoi est-il nécessaire de partitionner?

6.1.1 – La partition moteur

6.1.2 – La partition habitacle

6.1.3 – La voiture non partitionnée

6.2 – Déterminer le nom de son disque grâce à l’utilitaire fdisk

6.3 – Choisir le type de la table de partitionnement

6.4 – Partitionner son disque dur en BIOS

6.4.1 – Première partition

6.4.2 – Seconde partition

6.4.3 – Troisième partition

6.4.4 – Écriture de la table des partitions

6.5 – Partitionner son disque dur en UEFI

Conclusion

Résumé des commandes utilisées depuis le début

6 – Le partitionnement

Ce deuxième épisode est consacré au partitionnement. Si je devais définir ce dernier, je dirais qu’il permet de diviser votre disque dur en différents modules appelés partitions. Le but de cette opération est de classer proprement et de manière cohérente toutes les données que l’ordinateur va traiter ou qui sont nécessaires au bon fonctionnement du système d’exploitation. Chaque partition va accueillir un système de fichiers.

6.1 – Pourquoi est-il nécessaire de partitionner?

Parce que tout notre environnement est partitionné, pardi! Prenons comme exemple un banal objet du quotidien, en l’occurrence la voiture. J’ai renoncé à ce mode de déplacement, et croyez bien que j’en suis fier. Je crois que l’avenir du transport individuel, c’est ça :

Bon bref, votre voiture est un objet que personnellement je diviserais en deux partitions, la partition moteur, et la partition habitacle.

6.1.1 – La partition moteur

La partition moteur est nécessaire au bon fonctionnement du véhicule. Elle inclut le démarrage, c’est-à-dire le boot. Lorsque Patriste, le conducteur, tourne la clé, il boote sur le moteur et s’il appuie sur l’accélérateur, l’engin se met en branle, emportant avec lui, dans une joyeuse symphonie mécanique, ses passagers avec tous leurs bagages. À moins d’être un mécanicien, la partition moteur contient des éléments qu’il ne faut surtout pas s’amuser à modifier, à remplacer, ou pire encore, à supprimer, car on risque tout simplement de rendre sa guimbarde inutilisable. Une voiture peut encore rouler sans sièges… Mais sans moteur, c’est déjà plus compliqué.

6.1.2 – La partition habitacle

La partition habitacle, qui comprend le coffre, contient tout ce que Patriste souhaite y placer : les passagers, les bagages etc… Il est le seul maître à bord après Dieu, et à ce titre, c’est lui qui décide qui peut entrer dans sa voiture et avec quelle quantité de bagages. Tout comme la partition moteur, la taille de la partition habitacle est limitée. Il n’est pas question d’accueillir plus de quatre passagers et plus de bagages que la capacité autorisée! Pour qu’il puisse utiliser sa voiture, l’administrateur a vérifié que Patriste était en règle au regard du droit :

  • permis de conduire,
  • assurance,
  • certificat de contrôle technique.

Il est donc autorisé à rouler, en s’abstenant de trafiquer le moteur et en respectant certaines règles de sécurité liées au poids. En hiver, quand sa rutilante R12 Gordini ne démarre pas, Patriste appelle son pote Hervé qui ne se fait pas prier pour débouler avec sa Renault Fuego, à la rescousse de son copain de bringue. Patriste se branche sur les batteries de la Fuego et il « boote » sur le moteur de celle-ci. En Informatique, il arrive parfois qu’on soit obligé de se dépanner avec une clé USB live pour pouvoir relancer l’ordinateur et corriger un problème. c’est le même principe.

Renault_17_Gordini_002

6.1.3 – La voiture non partitionnée

Maintenant, imaginez une voiture non partitionnée…  Le moteur serait posé sur le siège passager avant. Le pot d’échappement serait dans l’habitacle et cracherait ses volutes toxiques vers les passagers arrière, lesquels seraient assis sur leurs bagages parce que leurs sièges seraient dans le coffre moteur. Quant au volant, il se trouverait dans le coffre à bagages, au grand dam du pauvre Patriste obligé de se contorsionner pour apercevoir la route et tenir sa trajectoire… J’arrête là ou j’en rajoute une couche? Tout ça pour vous dire que sans partitions, un ordinateur ne peut pas fonctionner. Il a besoin d’un ordre logique.

6.2 – Déterminer le nom de son disque grâce à l’utilitaire fdisk

Pour déterminer le nom du disque à partitionner, nous allons utiliser fdisk, un utilitaire présent dans l’image *.iso sur la clé USB. Pour le lancer, il suffit d’entrer cette commande :

fdisk -l

fdisk -l retourne un poème de Baudelaire ce genre d’informations :

fdisk

Là, je suis sur mon ordinateur portable. Il est équipé d’un unique disque dur d’une capacité de 1000 GB (1 TO) baptisé /dev/sda. C’est donc celui-ci que je vais partitionner.

6.3 – Choisir le type de la table de partitionnement

Maintenant, nous allons entrer la commande cfdisk. Elle va nous permettre de créer la table de partitionnement et les partitions :

cfdisk

La table de partitionnement correspond au sommaire des partitions. Pour un livre, c’est ce qu’on appelle la table des matières. Il existe deux types de tables qui sont  MS-DOS et GPT. Veuillez sélectionner :

  • dos si votre ordinateur est amorcé par un BIOS,
  • gpt si votre ordinateur est récent et qu’il est amorcé par UEFI.

Je choisis dos parce que c’est un peu plus simple mais il faut savoir que sur mon ordinateur portable qui supporte l’UEFI, j’ai choisi gpt. Je détaillerai donc toujours les deux cas de figure. Pour sélectionner, je me déplace à l’aide des quatre flèches et je valide en pressant la touche Entrée.

 

part_1

6.4 – Partitionner son disque dur en BIOS

Les choses sérieuses commencent… Je vais créer trois partitions :

  • La première aura une taille de 35 GB. Elle accueillera tous les fichiers de configuration nécessaire au bon fonctionnement du système d’exploitation. En outre, cette partition sera amorçable, c’est-à-dire que c’est elle qui lancera la procédure de démarrage. C’est une partition qui sera montée à la racine du système. Cette racine est symbolisé par une barre oblique /.
  • La deuxième aura une taille de 8 GB. Ce sera la partition dédiée à l’espace d’échange qu’on appelle aussi la swap. Donnez-lui la taille qui correspond à celle de votre mémoire vive (RAM). Cette petite partition a pour mission de décharger la mémoire vive lorsque celle-ci est presque pleine.
  • La troisième occupera la taille restante et sera dédié au /home, c’est-à-dire au répertoire de l’utilisateur (ou des utilisateurs, il peut y en avoir plusieurs). Il pourra y stocker ses documents, ses photos, ses vidéos, sa musique, ses téléchargements ou que sais-je encore…
6.4.1 – Première partition

Pour créer cette partition, il suffit de sélectionner  Nouvelle à l’aide des flèches de votre clavier, et de valider avec la touche Entrée.

p_2

Puis, vous renseignez la taille de cette première partition, soit 35G, avant de valider (toujours avec la touche Entrée).

p_3

Ensuite, vous sélectionnez primaire et… vous validez.

p_4

La première partition /dev/sda1 est configurée. Une deuxième ligne apparaît (celle qui est en surbrillance). Elle correspond à l’espace libre restant.

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Comme je l’ai précisé plus haut, la partition /dev/sda1 est amorçable. veuillez donc sélectionner cette fonctionnalité et valider votre choix, après vous être repositionnés sur la ligne /dev/sda1.

p_6.png

Vous allez voir apparaître un astérisque dans la colonne amorçage.

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Voila, votre première partition baptisée /dev/sda1 est totalement configurée mais elle n’est pas encore écrite sur le disque. Descendons d’un cran et mettons Espace libre en surbrillance.

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6.4.2 – Seconde partition

Nous allons maintenant créer la partition dédié à l’espace d’échange (swap), d’une capacité de 8 GB.

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Et nous allons modifier le type car c’est une partition un peu spéciale.

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Nous allons sélectionner 82 partition d’échange.

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Voila, nous venons de créer notre deuxième partition, en l’occurrence la swap. Une troisième ligne apparaît. Elle correspond à l’espace libre restant.

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6.4.3 – Troisième partition

Pour créer la troisième et dernière partition, celle qui sera monté dans le /home, il faut s’y prendre exactement comme pour la première, sauf que vous lui attribuez toute la taille restante, c’est-à-dire dans mon cas 888,5 GB.

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6.4.4 – Écriture de la table des partitions

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Toutes vos partitions sont définies et configurées. Si vous regrettez ce que vous venez de faire parce que vous réalisez un peu tard que vous avez encore sur le disque dur, de vieilles photos de famille où l’on voit Tonton Gustave, légèrement éméché, tenter de grimper sur la table avec son déambulateur pour chanter « Riiiiikita, jolie fleur de Java! », rassurez-vous, il n’est pas trop tard pour les récupérer. Nous avons certes configuré les partitions mais nous ne les avons pas encore écrites sur le disque dur. Par conséquent, nous pouvons toujours interrompre le processus.

Mais si vous validez l’onglet Écrire et que vous confirmez votre choix, la nouvelle table de partitions effacera à jamais les pitreries de Tonton Gustave, mort à 92 ans, un verre de troussepinette à la main, dans une cave du Haut-Bocage vendéen décorée de posters du Puy-du-Fou et du Vendée-Globe…

Pour résumer, vous venez de diviser votre disque dur  en trois partitions qui sont :

/dev/sda1     *         35G                 83 Linux
/dev/sda2                8G                   82 SWAP
/dev/sda3               888,5G           83 Linux

 

6.5 – Partitionner son disque dur en UEFI

Si votre ordinateur est doté de l’UEFI, le partitionnement diffère quelque peu. Il vous faudra d’abord créer une partition dédiée au /boot/efi d’une capacité de 300 Mo, par conséquent une toute petite partition. Mais elle est nécessaire.

  • /dev/sda1 pour le /boot/efi  : 300M   Sélectionnez le type EFI system.
  • /dev/sda2 pour le / (c’est-à-dire la racine) : 35G    type Linux filesystem.
  • /dev/sda3 pour la swap :  8G       Sélectionnez le type Linux swap.
  • /dev/sda4 pour le /home : Sélectionnez le type Linux filesystem.

Conclusion

Voilà pour aujourd’hui. Que ce soit en BIOS ou en UEFI, votre disque dur est partitionné. Vous pouvez sortir de l’utilitaire cfdisk en sélectionnant l’onglet quitter. La prochaine étape consistera à formater et à monter les partitions pour pouvoir accéder aux données qu’elles contiennent. Eh oui! Une table de partition sans points de montage, c’est comme une maison sans portes! Comment voulez-vous y accéder?

Résumé des commandes utilisées depuis le début

Depuis le début de l’installation, nous sommes en root et nous avons utilisé cinq commandes qui sont :

  • loadkeys fr-pc (passage du clavier en français)
  • ping (vérification de la connexion)
  • timedatectl (vérification de l’heure système)
  • fdisk -l (utilitaire permettant de lister les disques physiques présents dans l’ordinateur.)
  • cfdisk (utilitaire de partitionnement)

9 commentaires sur “La planète Archlinux (partie 2)

  1. Rigolo cette petite expérience !
    Si je peux me permettre (et d’ailleurs je me le permets), 2 remarques :
    – Il est intéressant de mettre la taille du swap égale à celle de la ram, surtout pour l’hibernation, les fichiers de la ram étant stockés dans cette partition le cas échéant.
    – En mode UEFI, il faut changer le format de partition en GPT (et non plus DOS), et la commande pour le partinionnement devient cgdisk (et non cfdisk).

    J’attends la suite avec impatience.

  2. Même si je savais tout ça, la partie avec l’analogie automobile fût une éclairante révélation.
    Pas sûr que la nécessité de partitionner soit ensuite bien assimilée par tout le monde, mais rien que pour le côté vintage et légèrement nanar : j’approuve.
    NB : de nos jours, seule une élite qui porte la coupe mulet peut encore décemment rouler en Fuego (option Ray Ban aviateur, monture doré pour les mâles dominants)
    Tant pis aussi pour la mémoire de Tonton Gustave : Arch Linux doit passer.
    J’attends avec impatience la suite des opérations.
    A ce rythme-là, tu devrais en avoir pour une petite décennie…

      1. Salut, il y a une petite erreur ici :

        – dos si votre ordinateur est amorcé par un BIOS,
        – gpt si votre ordinateur est récent et qu’il est amorcé par UEFI.

        GPT peut très bien être utilisé dans toutes les situations et je n’utilise d’ailleurs plus que GPT depuis plusieurs années maintenant, que ce soit sur de vieux PC avec un BIOS ou des VM.

        Sinon en réponse a un commentaire précédent. Il n’est pas forcément intéressant d’avoir un swap égal à la RAM et c’est même souvent un gros gâchis d’espace disque de le faire, il s’agit d’une très vieille croyance qui à la peau dur. Sur un PC personnel ou l’on utilise l’hibernation pourquoi pas, même si je trouve préférable justement d’éviter l’hibernation, mais sur un serveur non, on peut très bien avoir un swap de 200MB voir pas du tout et 32GB de ram. Par contre dans d’autres situations, par exemple avec certains SGBD, on pourra parfois avec un SWAP extrêmement volumineux de 2 fois la RAM et plus encore.

      2. Salut,

        Merci pour ton commentaire détaillé. Je vais regarder cette histoire de GPT d’un peu plus près et corriger l’article en conséquence, car si on peut l’utiliser dans toutes les situations, ça simplifie grandement la procédure. Pour ce qui est de la SWAP, je vais laisser tel quel. Les précisions que tu apportes sont très intéressantes mais je peux difficilement les inclure dans l’article sans risquer d’embrouiller le lecteur. Par contre, elles ont tout à fait leur place en commentaire.
        J’aurais une autre question. Dans mon dernier article (partie 3), un lecteur m’a fait la remarque que le système de fichiers ext2, de par son ancienneté, n’était pas forcément le choix le plus judicieux. Est-ce qu’ext3 aurait été mieux ou bien s’agit-il d’un détail sans importance?
        Bonne journée,
        Benoît

  3. C’est assez difficile de parler de FS, car il faudrait dédier un très long article.

    Pour répondre rapidement :

    – ext2 a toujours sa place pour la partition /boot, mais ext4 et xfs aussi

    – ext3 est totalement déprécié au profit de ext4

    – ext4 est très robuste, on peut le tuner un peu pour avoir de meilleurs performances, mais on va perdre en robustesse ce qui n’est pas forcément ce que l’on souhaite car pour l’utilisateur lambda, la différence ne sera pas ressentie

    – xfs est très performant par défaut, donc sans réglage, ce qui est une très bonne chose pour certain type d’opérations ou type de données, par exemple pour des milliards de petits fichier de métadonnées qui n’arrêtent pas de gratter les disques (voir les inodes).
    Il est moins robuste qu’ext4 et plus contraignant (possible d’agrandir le fs mais pas de le réduire comme le fait ext4)

    Il n’est pas possible d’avoir des statistiques sur l’utilisation des FS, mais la mode est à l’XFS qui monte de plus en plus. Suivre la mode n’est pas forcément la bonne direction et personnellement j’utilise toujours ext2, ext4, xfs et btrfs, ça dépend du besoin.

    Je ne parle pas de BTRFS, il est plus à réserver aux connaisseurs.

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