Réflexion personnelle sur l’accélération du Temps au cours de la vie sur Terre

Bonjour,

J’ai quarante-six ans. Je suis né très précisément en 87076800 du temps Unix. Je me dirige allègrement vers mes quarante-sept ans et à mon dernier anniversaire, je me suis fait la remarque que le temps passait bien vite, beaucoup trop vite à mon goût. J’ai d’abord attribué cela à mon refus de vieillir car chaque nouveau jour qui se lève me rapproche de la tombe et cette sombre perspective ne me réjouit pas spécialement. Et puis, je me suis mis à réfléchir… J’ai repensé à mon enfance où le temps s’écoulait si lentement. Il m’arrivait de m’ennuyer terriblement lorsque par un triste dimanche après-midi de Novembre, nous rendions visite à je ne sais quelle grande tante dont l’âge canonique l’autorisait à nous conter ses souvenirs de la révolution française! Le temps semblait complètement figé, comme avant le déclenchement du Big Bang. La tante cacochyme en était grandement la cause mais il serait injuste de lui faire porter l’entière responsabilité de cet ennui mortel.

En fait, lorsque j’avais cinq ans, une année était égale à un cinquième de ma courte vie. Aujourd’hui, j’ai quarante-six ans. Cela signifie que si une année actuelle était égale à un cinquième de ma vie, alors cette année vaudrait 9,2 années! Pour que vous puissiez mieux comprendre où je veux en venir, voici d’autres comparaisons :

  • Enfant âgé de 5 ans : 1 an = 1/5ème de sa vie. Pour lui, une année est perçue comme aussi longue que 9,2 années pour un Terrien âgé de 46 ans (c’est l’exemple du paragraphe précédent)
  • Enfant de deux ans : 1 an = 1/2 de sa vie. Une année est perçue comme aussi longue que 23 années pour un Terrien âgé de 46 ans.
  • Bébé âgé d’une seconde (soit 0,000000031709792 année) : Pour ce bébé tout juste né, 1 année s’écoule aussi vite qu’un milliard quatre cent cinquante millions six cent cinquante cinq mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf années pour un Terrien âgé de 46 ans.

Un bébé qui naît est théoriquement éternel puisque pour lui, le temps n’a pas commencé à s’écouler… Mais dès lors qu’il pousse son premier cri, le Temps commence son inexorable accélération… Et les années rétrécissent comme peau de chagrin. Je ne suis pas certain qu’un papillon qui vit une semaine ait une existence ressentie plus courte que celle d’un humain centenaire.

Tout ceci m’amène à penser que la vie sur Terre est une privation d’éternité. Quelle en est la raison? Je n’ai malheureusement pas de réponse à cette question. Les Terriens sont-ils des damnés relégués dans une prison temporelle? La réponse est au-delà du Mur de Planck,  dans une singularité qui nous est interdite.

Espace-temps
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Spacetime_curvature.png

2 commentaires sur “Réflexion personnelle sur l’accélération du Temps au cours de la vie sur Terre

  1. Intérressante disgression sur notre condition humaine, à travers la perception élastique que nous avons du temps qui passe, en fonction des ages, et qui peut ensuite nous enmener sur des terrains bien plus mouvants… Ainsi, nous serions condamnés à un horizon de connaissance, privé d’éternité. Injustice suprême, cadeau empoisonné en retour de notre existence ?
    Réponse courte : oui, et alors… 😉
    Réponse (très) longue et personnelle ci-dessous.
    Tout d’abord : toute vie est soumise à l’altérité, par définition.
    C’est seulement la conscience que nous avons de nous-mêmes et de notre inévitable mortalité, qui nous rend cette vérité difficile à accepter.
    Aucune « injustice » ici, mais seulement notre angoisse devant cet horizon indépassable, et notre frustration à trouver réponse au sens de notre existence.
    Notre désir d’éternité est en fait celui de dépasser notre nature afin de répondre à ces questions existentielles. Il existe depuis la nuits des temps et nous avons d’ailleurs tenté de trouver des solutions à ces angoisses : mythes et religions apportaient une croyance en un au-delà de notre existence mortelle qui répondrait (à minima) au sens de notre vie avant la mort.
    D’ailleurs, pour en revenir aux « solutions » plus récentes et à venir : le transhumanisme n’est pas très éloigné de ces antiques ainées, seuls les moyens pour parvenir à dépasser notre condition sont originaux.
    Etant agnostique, on peut vivre sans ces substitus, ces illusions créés par l’homme (pour son propre bien), mais sans pour autant verser dans un fatalisme ou un nihilisme auto-destructeur.
    Pourquoi ne pas se représenter comme un simple observateur à qui on a donné à voir, à découvrir, à comprendre -parfois- le monde infini qui s’offre à nous, et cela même en partie, même pour un temps donné… Il est là, le vrai miracle : j’existe, plutôt que l’inverse, et l’univers de ce qui s’offre à moi m’interdit à jamais de me sentir limité dans mon existence, car je sais que je n’en arriverais jamais à bout.
    Un « trip » existentiel, conscient, en d’autre terme…Et légal qui plus est… 🙂

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