Créer une clé USB persistante avec Archlinux.

Bonjour,

C’est avec une certaine joie que je rédige cet article qui fait suite à celui-ci. Souvenez-vous, je vous avais parlé de Framakey, une application que j’avais installée sur une clé USB de 31 GB. Je rappelle que Framakey se présente sous la forme d’une clé USB sur laquelle est installée la disrtribution Linux Mint et qui offre à son propriétaire, la persistance de données. Vous pouvez créer des dossiers ou des fichiers, télécharger une application ou en supprimer. Lorsque vous démonterez la clé, rien ne disparaîtra et au prochain reboot, vous retrouverez toutes vos données intactes.

Malheureusement, il s’est avéré qu’à l’usage, la navigation sur Internet était relativement hasardeuse voire carrément impossible. Attention! Loin de moi l’idée de jeter la pierre à Framakey car il faut être prudent : il est tout à fait possible que le problème vienne de ma clé USB elle-même. Mais y a-t-il des clés plus adaptées à ce genre de geekeries? Je n’en sais fichtre rien!

Toujours est-il que l’idée m’est venue de créer moi-même ma clé persistante (estampillée « qualité France » bien évidemment). Pour ce faire, j’ai jeté mon dévolu sur Lubuntu, un système d’exploitation très léger. Hélas, j’ai essuyé un échec. Or, il se trouve qu’il y a quelques semaines, sur mon netbook, j’avais installé Archlinux une distribution qui, il faut bien le reconnaître, tient toujours ses promesses.

Comme j’ai un pète au casque  j’aime bien expérimenter, je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de créer une clé USB persistante en y installant, tenez-vous bien, Archlinux. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Pour ceux qui découvrent le nom de ce système d’exploitation, Archlinux est aux distributions GNU/Linux ce que la Légion Étrangère est aux troupes conventionnelles… C’est un peu spécial. Eh bien pourtant, à ma grande surprise, ça tient la route! La clé est persistante et parfaitement opérationnelle. Certes, le démarrage est un peu lent et la navigation sur Internet également mais ça reste dans les limites du raisonnable! Ça ne freeze jamais! Regardez comme c’est beau!

Screenshot

Voici donc comment j’ai procédé pour parvenir à mes fins. Je me suis servi de deux clés USB :

  • une clé de 31 GB destinée à accueillir le système persistant,
  • une clé de 4 GB qui contient l’image iso d’Archlinux 32bit.

clef

J’ai enfiché mes deux clés dans les ports de ma tour et j’ai modifié le Bios pour que ce dernier boote sur la clé de 4 GB. Évidemment, après une page d’accueil sommaire, je me suis retrouvé dans un terminal tout noir (Ben oui! c’est du Archlinux). Le disque dur de l’ordinateur sur lequel j’opérais était en /dev/sda, la clé de 4 GB contenant l’image iso était en /dev/sdb et la clé de 31 GB en /dev/sdc.

J’ai rentré en root la commande cfdisk /dev/sdc dans un terminal. Cela m’a permis de valider que /dev/sdc correspondait bien à la clé de 31 GB. C’est important pour la suite! Je me suis plus ou moins aidé de ce guide officiel pour l’installation. J’ai donc procédé au partitionnement du disque comme suit :

  • /dev/sdc1 pour le boot
  • /dev/sdc2 pour la swap
  • /dev/sdc3 pour le /
  • /dev/sdc4 pour le /home

Ce qui nous donne :

cfdisk

J’ai partitionné la clé avec cfdisk mais vous pouvez le faire aussi avec gparted. Moi je suis plus à l’aise avec cfdisk. Puis, j’ai formaté tout ça :

mkfs.ext2 /dev/sdc1
mkfs.ext4 /dev/sdc3
mkfs.ext4 /dev/sdc4

mkswap /dev/sdc2

Et j’ai monté les partitions. Je ne rentre pas dans les détails. Je ne vais pas recopier le guide. Ce n’est pas l’objet de cet article. Enfin, j’ai procédé à l’installation proprement dite et ce qui est tout bonnement extraordinaire dans cette histoire, ce qui est absolument incroyable, c’est que… eh bien en fait, il n’y a rien d’extraordinaire, ça s’installe comme sur un vulgaire disque dur. Cela dit, ça reste du bon vieux Archlinux. Prévoyez tout de même du savon à microbilles pour faire partir le cambouis et retrouver des mains propres. Mais franchement, je l’ai installé en suivant la même procédure que pour mon netbook et ça fait le boulot pour peu qu’on lui laisse le temps de chauffer! Comme navigateur, j’ai préféré Chromium à Firefox qui m’avait causé quelques déboires avec ma clé version Linux Mint Framakey.

Voilà donc une histoire qui se termine bien. Toutefois, il y a une question qui reste en suspend. J’ai ouï-dire qu’avec une clé persistante, il ne fallait surtout pas faire de mise à jour système. Pourquoi donc? Est-ce que quelqu’un peut éclairer ma lanterne sur ce sujet?

 

Auteur : Ordinosor

Bienvenue sur Miamondo, mon blog personnel. "Mia mondo", c'est de l'espéranto et ça signifie "Mon monde" en français. Je m'appelle Benoît alias Ordinosor, Français expatrié en Allemagne. Mes centres d'intérêt sont les distributions GNU/Linux, le langage de programmation Python, la science-fiction et l'espéranto.

9 réflexions sur « Créer une clé USB persistante avec Archlinux. »

  1. Le coup des mises à jours, il me semble que ce n’est valable que pour les clefs Live persistantes comme celles d’Ubuntu, qui utilisent un fichier squashfs en guise de système de fichier.

    Si tu l’as installé comme sur un disque dur dans un PC normal, aucun problème, les mises à jours ne poserons aucun soucis tant que tu as assez de place (ce n’est plus une clef Live persistante, mais bien une installation en dur, au final).

    Aimé par 1 personne

    1. OK, merci pour l’info. Oui, finalement, c’est une installation en dur. En tout cas, c’est comme ça que j’ai procédé. Mais je me demande pourquoi ça fonctionne beaucoup mieux avec Archlinux qu’avec Linux Mint ou Ubuntu par exemple. Ce n’est pas la première fois que j’essaie de faire ça mais au bout du compte, ce n’était jamais utilisable du fait d’une extrême lenteur.

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  2. Bonjour,
    Installer une distribution Linux sur une clé USB a toujours été possible (enfin du moins depuis des années), que ce soit avec Archlinux, Ubuntu ou autres. Bon, c’est plus compliqué avec l’UEFI qu’avec un BIOS à l’ancienne, mais cela reste possible si on s’y connait un peu.
    Problème, une telle installation est rarement portable, reste surtout valable pour l’ordi sur laquelle l’installation a été effectuée.
    Cela n’est pas du tout la même chose qu’une live USB avec persistance (fichier casper-RW), dont il me semble qu’elle n’est possible qu’avec Ubuntu et dérivées comme Linux Mint. En effet, une live USB avec persistance s’adaptera à la plupart des ordis (sous réserve des problèmes de boot selon qu’on a de l’UEFI ou un BIOS à l’ancienne) et permettra donc de faire beaucoup plus de choses, notamment en matière de dépannage d’ordis.
    Il me semble aussi qu’on peut faire de la persistance avec le génial Parted Magic (iso Linux spécialisée pour le dépannage qu’on peut mettre sur clé USB, vendue à un prix modique d’environ 10$)
    Cordialement

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour,

      Merci pour tes précisions. Là, je peux faire fonctionner cette clé sur mes trois ordinateurs (tous équipés de Linux, il est vrai, et tous avec un bios). Il faudrait que j’essaie sur d’autres ordinateurs pour voir. Mais comme j’ai dit dans la réponse au premier commentaire, j’ai le sentiment qu’avec Archlinux, le comportement n’est pas du tout le même qu’avec Ubuntu ou linux Mint par exemple.

      Cordialement.

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  3. Bonjour, pour les lenteurs de Firefox, j’imagine que ça vient de sa vérification du cache avant d’aller relire les données fraîches sur le web. Un test après avoir régler ce cache à 0 MB s’impose. J’empêcherais aussi le swap car ses accès en USB doivent être aussi très lents.

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  4. Bonjour,

    Éviter les mises à jour système sur une clef USB persistante, en plus du problème de place à terme, je l’analyse comme pour un SSD. Dans les deux cas, SSD et clef USB, mieux vaut éviter de trop écrire (sachant que même un effacement de fichier compte pour une écriture) inutilement dessus afin de ne pas réduire la durée de vie. D’où la désactivation de certains opérations sur SSD. Du coup, je n’ose pas trop imaginer les retombées dues aux écritures sur partition Swap « posée » dans une clef USB …..

    Cordialement 😉

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  5. @ Ordinosor : Pour la portabilité d’une installation classique, non live USB, sur plusieurs ordi, se pose au moins le problème du driver de carte graphique choisi : AMD => xf86-video-ati Catalyst, Intel => xf86-video-intel, Nvidia => xf86-video-nouveau (pour en rester aux drivers libres) : il faut donc que tes ordis soient proches au niveau de la carte graphique; effectivement, si on a des ordis avec le chipset Intel intégré, la portabilité est probablement possible entre eux.

    @ Teutates : Tous mes OS, Linux et Windows (plusieurs ordis) sont sur SSD, depuis des années maintenant. Et je laisse volontairement le swap Linux ou le cache Windows dessus, pour des raisons de performances. Aucun n’est mort, tous fonctionnent encore parfaitement, et pourtant j’ai toujours privilégié le prix (le plus bas possible) pour leur achat. J’ai donc de forts doutes sur la validité de l’argumentation dans la pratique (même si en théorie, elle est évidemment juste). Le raisonnement est probablement différent pour les clés USB. Mais de toute façon, je déconseille totalement l’installation d’OS sur des clés USB, en particulier en USB2; pour que ce soit vraiment utilisable, il faut de l’USB3, et des clés USB rapides proches des SSD (y compris dans leur longévité), comme par exemple l’excellente Sandisk Extreme pro 64 Go (environ 45 euros hors promos)

    Cordialement

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